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Les sites et monuments remarqués dans « Sissonne »

L'église

 

 

 

Troisième partie : Le XIXème siècle

La Restauration

Les temps comme les peuples éprouvent parfois de ces revirements qui semblent moins les faits des évènements que la volonté de Celui qui gouverne toutes choses. La France conspuait du coeur de laquelle on essaya d'arracher la religion concevait pourtant une lueur d'espérance ; l'étoile d'un Génie veillait sur sa Destinée. Des négociations entamées entre le premier consul et le Saint-siège aboutissent au Concordat.

1804

Les églises étaient rouvertes au culte, les autels relevés, mais le premier besoin d'une paroisse était un pasteur.
Or par décret du premier consul en date du 2 fructidor an XI le citoyen Colard J Baptiste fut nommé curé-doyen de Sissonne. Je reproduis (in extanso) le procès verbal de son installation copié sur la pièce authentique retrouvée dans des papiers privés :
« Ce jourd'hui dimanche vingt-trois prairial an onze de la république ; nous Jacques Varlet maire du bourg de Sissonne, en vertu de la lettre du Préfet du Département de l'Aisne du treize du présent mois au portant que le curé du canton de Sissonne a satisfait à la loi du 18 germinal an X en prêtant devant lui le serment ; qu'il est convenable de procéder de suite à son installation en cette qualité, et qu'il nous invitait de prendre les mesures nécessaires pour qu'elle puisse avoir lieu aujourd'hui en présence des autorités constituées avec le plus de solennité possible..
Après avoir fait annoncer publiquement que cette cérémonie aurait lieu à quatre heures de cette après-midi et invité les autorités de se rendre à la mairie au lieu des séances ; se sont réunis à nous, notre adjoint, le juge de Paix, son greffier, les membres du conseil municipal, ceux de l'administration des revenus des pauvres, le Receveur de l'enregistrement, la garde nationale sous les armes où était rendu le citoyen Jean Baptiste Colart, prêtre et nommé curé du canton de Sissonne, suivant la nomination et agrément du premier consul du vingt ventose dernier (provision canonique) de monsieur l'évêque de Soissons du onze floréal suivant accompagné du citoyen Auguste J B Rousselet prêtre premier desservant de l'église succursale de Liesse nommé par l'Evêque pour la-dite installation conformément à l'article 28 de la quatrième section des articles organiques du concordat du vingt-six messidor an neuf.
Le cortège partit de la mairie dans l'ordre suivant :
Un détachement de la garde nationale précédé de sa musique conduisait la marche, suivi du drapeau. Derrière étaient le Maire, l'Adjoint, au milieu desquels était le dit sieur curé et le prêtre qui l'accompagnait. Ensuite le tribunal de paix, le Receveur, le conseil municipal, l'Administration des pauvres, à la suite un second détachement de la garde nationale et successivement la masse des citoyens de la commune de ce bourg.
Arrivé à la porte principale de l'église, plusieurs décharges de mousquerie furent faites. Le citoyen Colard curé se vêtit des habits sacerdotaux, approcha de la porte qui lui fut ouverte, où le clergé l'attendait processionnellement, reçu l'eau bénite qui lui fut présentée, et la donna lui-même aux autorités constituées qui le suivaient et au peuple, fut ainsi conduit devant la maître autel où il fit sa prière à Dieu entonna le Veni Creator qui fut continué pendant lequel il toucha les vases sacrés, le livres des Evangiles, visitait tous les autels, les fonds baptismaux ; les places où étaient la chaise à prêcher et les confessionnaux ; sonna la cloche.
De retour dans le sanctuaire le citoyen Rousselet lui présenta le fauteuil pastoral où il prit séance. Ensuite il se rendit au banc de l'oeuvreBanc d'oeuvre ou « Banc de l'oeuvre » est un banc réservé aux membres du conseil de fabrique d'une paroisse. Caractérisé par l'importance de sa taille et de son décor, le banc d'oeuvre est situé le plus souvent face à la chaire à prêcher. Sa destination peut être indiquée par une inscription.(Wikipedia) à l'endroit où se fait le prôneune prière dominicale de l'ancienne liturgie chrétienne formulée par le prêtre paroissial ou le diacre et qui était suivie de consignes, d'avis, d'instruction ou d'énoncés d'intentions, généralement inspirés ou dictés par le pouvoir temporel. Elle précèdait le plus souvent l'Offertoire et pouvait contenir la lecture d'informations concernant la communauté ou celle des décrets et ordonnances épiscopales ou royales.(Wikipedia). Le Maire fit une adresse au peuple déclara que le citoyen J B Colart était installé curé du canton de Sissonne, que tous les citoyens de ce canton devaient le reconnaître en cette qualité, lui rendre les honneurs et devoirs dûs à cette place avec lui défense à qui que ce soit de le troubler en aucune manière dans ses fonctions sous les peines portées par la loi.
Il adresse également un discours analogue à la cérémonie audit sieur curé qui y répondit par un autre qui fut applaudit par acclamation par tous les assistants.
Après quoi il continua le Te Deum qui fut chanté avec les cérémonies d'usage.
Ensuite le cortège sortit de l'église dans le même ordre qu'il y était entré et reconduisit le dit sieur curé dans le presbytère duquel le Maire lui fit la remise des clefs et ce qu'il accepta.
De tout quoi avons fait et rédigé le présent procès verbal dont nous avons fait lecture, que le dit sieur Colart curé du canton de Sissonne, Rousselet desservant de Liesse et les membres des autorités ont signé avec nous lesdits jour et an :

Colard, curé
Varlet, maire
Rousselet
Méreau, adjoint
flamain Pierlot
Martin
Mansion
Roullier, juge de paix
Pierlot, greffier de paix »

Il résulte de ce document que le mobilier de l'église était encore réduit à sa plus simple expression :
deux cloches, la chaire à prêcher, les confessionnaux, le banc d'oeuvre et bien autres choses n'étaient pas remplacés ; et si les autels sont désignés au pluriel c'est que M Manteau avait envoyé de Laon ceux des chapelles latérales qui existent encore aujourd'hui. Quant au maître autel, il était en bois à colonnettes torsadées tout doré, d'une sculpture très fine et d'un travail achevé. Quoiqu'il en soit l'inventaire du mobilier énuméré au registre de la fabrique de cette époque révèle une grande pauvreté.
Le doyen Colard était un curé très populaire, qui conquit bientôt l'estime de ses ouailles ; il avait d'ailleurs une voix très forte et passait pour un des meilleurs chantresPersonne qui chante aux offices religieux. du diocèse. ( il était également desservant de La Selve)

1816

A l'occasion du fèlement de la cloche du poids de 677 kg il obtint du conseil municipal sa refonte et la fonte de deux plus petites dont la dépense fut de 5430 francs. Leur baptême eut lieu l'année même .

1819

Le 1er juin, il reçoit la visite épiscopale de Monseigneur Leblanc de Beaulieu évêque de Soissons.

1822

Enfin après un ministère de 20 années il décède à Sissonne le 18 mai à l'âge de 70 ans. Les obsèques eurent lieu en grande pompe et son corps fut inhumé dans le cimetière près de la porte principale de l'église.
Ses paroissiens reconnaissants lui élevèrent un monument surmonté d'une grande croix en fer qu'on remarque encore.
Le monument en l'honneur du doyen Colard - 1822
Le 12 juin M Maréchal le remplace comme successeur et reçoit deux ans plus tard la visite de Monseigneur Guillaume le Villèle évêque de Soissons le 28 mai 1824.

1830

Le 20 mai, il reçoit celle de Monseigneur de Simony.
Le 25 juillet, M Maréchal qui change de résidence est remplacé par M Lefèvre comme doyen de Sissonne. Il trouva l'église dans le même dénuement à peu près que l'avait laissé la révolution , aussi s 'appliqua-t-il à parer à ses premiers besoins.

1836

à cet effet, le 27 mars, sur la demande du conseil de fabrique l'administration municipale vote une somme de 371 francs pour subvenir aux frais d'un plafond à établir dans le choeur de l'église, afin d'éviter que les poussières du plancher ne tombassent sur l'autel. Il est probable que c'est vers cette époque qu'il fit établir les lambris du sanctuaire et qui furent payés sur les disponibles de la fabrique.

1837

Le maître autel en bois vermoulu est remplacé par un autre en marbre noir qui fut revendu peu après pour faire place à un autre plus important et que l'église possède encore. Cependant on eut le bon esprit de conserver de l'autel de bois le tabernacle véritable chef d'oeuvre qui décore actuellement l'autel Saint Roch.Le tabernacle est de nos jour situé dans le coeur
Le Tabernacle

1839

Le 19 juin, M Lefèvre reçoit la visite de Monseigneur de Simony pour la confirmation des enfants d'une portion du doyenné, comme le reçut en 1835 le 15 mai et en 1844 le 28 juin.

1840

Le conseil municipal vote 1975 francs pour reconstruire le mur du nord de l'église.

1845

M le Doyen baptise la moyenne cloche qui a été refondue.
La porte monumentale du cimetière

1846

il est témoin de l'agrandissement du cimetière par l'acquisition de 4 ares 98 centiares de terrain faisant partie du clos de M Pierlot vers le presbytère où une porte monumentale d'un bon goût fait face à la rue.

1848

Le 22 juillet, il reçoit la première visite épiscopale de Monseigneur de Garsigny évêque de Soissons.

1850

Sur les économies de la fabrique il consacre une somme de 900 francs pour repaver en losanges blancs et noir le choeur et la nef de l'église. De ce fait disparue une grande dalle sépulcrale en pierre noire qui couvrait entièrement la croisée de la nef où on avait coutume de déposer le catafalque.

1852

M Lefèvre est nommé chanoine titulaire de la cathédrale de Soissons ; il mourut quelques années après fondant une bourse en faveur des enfants pauvres de Sissonne se destinant à l'état ecclésiastique. Au cas où cette commune n'en aurait point à présenter, ce serait Saint Gobain son pays natal qui en bénéficierait.
Le 7 janvier, M Pierre Louis Dupire desservant de Notre Dame de Liesse arrive à Sissonne pour remplacer M Lefèvre.
C'était un digne prêtre d'une grande piété et d'un zèle vraiment sacerdotal ; ayant une bonne voix et connaissant parfaitement son chant. Les premières années de son ministère furent pleines de succès pour ramener la paroisse aux pratiques religieuses auxquelles contribuèrent puissamment ses multiples sermons ; ses distributions de livres et d'objets de piété. Il avait une grande dévotion pour la Sainte Vierge qu'il s'efforçait de propager. Aussi s'appliqua-t-il à rétablir dans la paroisse la confrérie du Saint Rosaire qu'il érigea canoniquement dans l'église. Ce fut le commencement d'une régénération qui devait bientôt porter ses fruits.

1854

Aidé de quelques personnes pieuses il établit les oeuvres de la Sainte Enfance, de la propagation de la foi. La dévotion à Saint Joseph prit naissance dans la maison d'une femme pieuse Mme Hareng qui réunissait chez elle un groupe de personnes pour rendre à ce saint un culte particulier ; c'était l'époque d'un élan religieux. D'une part la municipalité à la tête de laquelle était placé un homme éminent ( M Laisné ) avait fait sortir le pays de son obscurité par la clôture du cimetière (5 février), par la construction d'un superbe Hôtel de Ville (24 mai) et la reconstruction du presbytère que M Tévenard archiprêtre de Laon vint bénir le 15 mai 1862.

1865

Le 5 juin, M le doyen érigea un nouveau chemin de croix en peinture sur toile légué par la pieuse demoiselle Bécret. Cette cérémonie présidée par la père Lacoste jésuite en résidence à Liesse, fut suivit d'un banquet offert à Messieurs les Ecclésiastiques du canton.

1868

Le 15 février de pieuses dames circulent dans les rues du bourg pour recueillir des souscriptions afin de pouvoir acheter une statue de Saint Joseph, honoré par une confrérie en formation.
Statue de St Joseph - 1868
Mais le voeu de la généralité des paroissiens était la restauration de l'église qui présentait encore aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur un aspect de pauvreté peu en rapport avec les édifices publics récemment reconstruits.
A cet effet le conseil de fabrique sous les auspices de la municipalité ouvrit une souscription où chaque personne pouvait figurer pour elle, ses parents, ses amis vivants ou décédés suivant leur catégorie; laquelle souscription pouvait être payée par cinquième et d'année en année. Le projet était ingénieux et réussit complètement. Sous la diligence d'un trésorier actif, en moins de quelques mois elle atteignit la somme inespérée de 23 000 francs : l'oeuvre était assurée.
Le 10 mai Monseigneur Dours évêque de Soissons, premier suffragantSuffragant :
Se dit d'un évêque diocésain dépendant, dans le cadre d'une province ecclésiastique, d'un archevêque métropolitain.
Le terme s'applique, par extension, au diocèse d'un évêque suffragant : un diocèse suffragant.
de la paroisse de Reims, chevalier de la légion d'honneur et officier de l'instruction publique, sacré le 13 mars par son Eminence le cardinal Gousset , archevêque de Reims, dans la cathédrale de Laon est reçu au château où M le doyen et son clergé vint le chercher processionnellement pour le conduire à l'église où il doit donner la confirmation aux enfants du canton.
Le 2 novembre de la même année le conseil de fabrique prend une délibération par laquelle il offre au conseil municipal la somme souscrite de 23 000 francs pour la restauration de l'église laquelle somme est acceptée par délibération en date du 14 novembre suivant.
L'administration municipale sous la direction éclairée de son maire M Laisné, confia à M Thiéros architecte à Reims le soin d'établir un plan de restauration générale de tout l'édifice. Ce plan divisé en trois parties distinctes comprenait : 1) la reconstruction du clocher. 2) l'élargissement de la nef avec la voûte du choeur.3) le relèvement des bas côtés avec sacristie nouvelle.
S'inspirant des voeux de la population le conseil municipal donna la priorité à la construction du clocher dont le devis dépassa 60 000 francs et affecta à cette oeuvre une somme de 10 000 francs résultant d'une plus value d'un lopin de marais mis en vente. L'administration s'adressa ensuite à l'état lequel accorda une subvention importante : 8 000 francs.

1870

Les formalités remplies on mit les travaux en adjudication qui furent accordées à M Bonnet entrepreneur à Braine quand éclata la guerre de 1870 et qui fit surseoir à leurs exécutions. Cependant au milieu des péripéties de cette triste année, on ne perdit pas de vue l'oeuvre projetée sur la proposition de l'architecte et eu égard aux réparations onéreuses qu'elle pouvait présenter plus tard ; comme aussi afin d'éviter les accidents dont elle pourrait être sujette ; on décida de remplacer la flèche qui devait être en bois par une flèche en pierre. Cette transformation n'exigeant qu'une dépense supplémentaire de 2 000 francs le conseil de fabrique s'engagea de prendre à sa charge la moitié de la somme.
L'église avant 1871Dessin appartenant à Mr TailleurSigné R.Dane, et daté de 1902

1871

Dès les premiers mois de cette année, alors même que les prussiens n'avaient pas encore évacués le territoire on se mettait à l'oeuvre. Le portail du XIIème siècle disparaissait sous la pioche des démolisseurs ; et lorsqu'on creusa les larges et profondes fondations qui devaient asseoir le monument, on mit à découvert d'importants débris d'une colonne paraissant avoir appartenu à un édifice religieux;
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Les restes d'un édifice ancien
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les fondations remplies et le socle de pierres dures posé n'attendaient plus que la première assise.
Or le dimanche 18 juillet, l'autorité locale voulut donner une certaine solennité à la pose de la première pierre. A l'issue de la grande messe toutes les administrations accompagnées de la musique et des pompiers arrivèrent sur l'emplacement où les attendaient l'architecte et l'entrepreneur. Ceux-ci offrirent à monsieur le maire et à monsieur le doyen l'équerre, le fil à plomb et le marteau dont ils se servirent pour asseoir la première pierre de l'angle droit du portail. Mais avant de la sceller M le maire plaça dessous une plaque métallique portant l'inscription suivante :
« Le dimanche 18 juillet de l'an de grâce 1871 cette première pierre a été posée par M Laisné, maire et M Dupire, curé doyen de Sissonne, en présence de M Thiéros architecte, Bonnet entrepreneur, de messieurs les membres du conseil municipal et de fabrique, de M le juge de paix, des fonctionnaires et de la population. »
La construction favorisée par un beau temps montait graduellement et la tour allait atteindre son couronnement quand la commission municipale chargée de l'inspection des travaux remarqua des fissures qui se produisaient dans les cintres des soubassements. L'architecte avisé immédiatement déclara qu 'elles étaient dues à certains étaiements qu'on aurait dû enlever et qui faisaient obstacle à l'appui uniforme de la construction.
Quoiqu'en fut et en raison même de ce que la flèche devait être en pierre, et conséquemment d'un poids plus considérable on résolut de la surbaisser de douze pieds du plan primitif. Il est à regretter qu 'une prudence exagérée a déterminé cette mesure qui nuit à l'élégance de cette flèche. Toutefois vers la fin de l'automne de la même année, le gros oeuvre était terminé et une croix monumentale en fer forgé par un ouvrier du pays couronna l'édifice.
La croix du clocher - 1871

1872

Ce ne fut qu'au printemps suivant que les échafaudages disparurent au fur et à mesure des ravalements, de sorte qu'au mois de mai débarrassé de toute obstruction, le clocher apparut dans toute sa nudité.
Aussi dans le courant de mai Monseigneur Dours évêque de Soissons profitant de sa visite pastorale bénit solennellement le nouvel édifice dont il fit l'éloge, félicita les autorités et la population de leurs efforts pour rendre la maison de Dieu digne de Celui qui l'habite.
Le portail forme une baie avec cintre surbaissé ; elle est encadrée de nombreuses formes de feuillages d'acanthe et de chêne ; et se relevant pour former une riche fleur qui va s'épanouir sur une galerie ouverte qui relie les deux tourelles dans le tympan de la tour. Au-dessus de la galerie s'ouvre une large baie ogivale encadrant une rosace à huit lobes. La façade est en outre percée de chaque côté de deux fenêtres dont les baies et les fleurons sont la reproduction de la porte principale.
Le portail, la galerie - 1872
A droite et à gauche du portail et dans l'intervalle qui les séparent des fenêtres se trouvent deux tourelles octogonales à demi engagées dans le plain de la façade et surmontées d'une espèce de coupole à huit pans reposant sur une cage percée du même nombre d'ouvertures. Ces tourelles accompagnent agréablement la tour qui s'élance de quelques mètres au-dessus d'elles et lui servent de contre-forts. La tour est percée sur ses quatre faces de grandes baies garnies de lobes et meneauxLes meneaux sont des montants et compartiments de pierre de taille, ou assemblages de pièces de bois, divisant en plusieurs vides la surface d'une fenêtre ...
Meneaux
dans lesquels se trouvent encadrées les ouïes du clocher. Sur les quatre angles et en saillie reposent quatre clochetons surmontés de fleurons au milieu desquels s'élance la flèche principale percée d'ouvertures variées sur ses huit pans. Ce monument depuis le sol jusqu'à la croix n'a pas moins de 180 pieds (56m) de hauteur et aurait coûté près de quatre-vingt mille francs.

1873

Le succès de cette belle oeuvre était de nature à stimuler les bonnes volontés ; l'année d'après la confrérie du rosaire voulut garnir de vitraux la jolie fenêtre du pignon nord du transept qui avait été reconstruite pendant les travaux du clocher et qui était restée fermée provisoirementDétruit en 1918 ? Les 3 volets de cette fenêtre sont toujours consacrés à la vierge, mais avec d'autres scènes (voir partie IV). Dans le meneau central le vitrail représente la vierge au rosaire ; dans ceux de côté ses fidèles dévots en prière, Saint-Dominique et Sainte-Catherine de Sienne. Comme appréciation artistique on reproche d'avoir couvert ces deux derniers sujets de manteaux noirs aussi désagréables que ténébreux.

(Nous avons retrouvé le compte-rendu du Conseil Municipal autorisant ces travaux. En voici la retranscription.)

1874

Quelques traits de la vie de St Joseph...

L'année suivante la confrérie de Saint-Joseph voulut avoir aussi non seulement sa verrière mais bien sa chapelle. Dans ce but on dut supprimer les bancs de l'aile droite du transept dans lequel on place dans un large sanctuaire un autel en pierre sculptées représentant quelques traits de la vie de Saint-Joseph.

(Nous avons retrouvé le compte-rendu du Conseil Municipal autorisant ces travaux. En voici la retranscription.)

Transept gauche - Transept droitLes voutes diffèrent.

Au-dessus, la fenêtre reçut ses lobes et meneaux et son vitrail historique. Si les grisailles sont sans reproches, les scènes de ses médaillons manquent d'expression, tandis que les teintes sont trop dures. Une voute sans nervure recouvre en berceau toute la chapelle. Nous cherchons en vain la raison d'une voute dont la forme diffère tant du style de l'église.


Porte cintrée pour la sacristie

Autour de cette chapelle et à la hauteur des appuis des fenêtres on construisit en saillie un bandeau de festons supportés par de petites colonnettes qui divisent le contour en autant de compartiments. Dans l'un d'eux on a dû ménager une porte cintrée devant donner accès plus tard à une sacristie en projet.


A gauche, le Roi David
A droite, Gabriel, l'ange de l'Annonciation
L'entrée de la chapelle est décorée de deux grandes statues en terre cuite adossées contre les piliers et reposant sur des culs-de-lampesEn architecture, un cul-de-lampe est une console d'encorbellement constituée d'une pierre saillante servant à supporter une base de colonne, la retombée d'un arc, des nervures de voûte ou encore une statue dont la forme rappelle le dessous d'une lampe d'église. en pierres dures finement sculptées. Celle de droite représente le roi David célébrant sur la harpe les grandeurs de Joseph.
Celle de gauche est l'ange de l'annonciation.
Une longue balustrade en fer battue défend l'entrée de cette chapelle dont tous les frais furent supportés par la confrérie.

1878

L'orgue
Quelques années après des personnes généreuses M. et Mme Bouché firent don à l'église d'un bel orgue qui fut inauguré le dimanche 7 juillet par M l'abbé Jespyt maître de chapelle et organiste de N D de Paris, ami personnel du donateur.
Sans vouloir amoindrir le mérite d'une telle générosité, on doit cependant regretter son installation qui obstrue la rosace destinée à éclairer la nef : un peu de transformation dans la construction du buffet eut pallié à cet inconvénient.

1879

Sans doute M le doyen pouvait avoir la satisfaction de voir l'église s'embellir successivement, mais l'âge et plus encore les infirmités commençaient à trahir ses forces. Il était atteint d'une affection de paralysie qui ne lui permettait plus l'exercice du ministère. Il s'en remit à l'abbé Charpentier natif de Saint-Erme que M Dupire avait recueilli dans son presbytère depuis quelques années, afin d'y rétablir une santé fortement ébranlée. M Charpentier prêtre intelligent et perspicace avait accès près des familles fortunées de la paroisse ; il put contribuer à stimuler le zèle pour les bonnes oeuvres et la générosité en faveur de l'église. Il continua le ministère autant par devoir que par reconnaissance pour l'hospitalité qu'il avait reçue.
Le 13 novembre M le doyen Dupire décéda léguant par testament une somme de trois cents francs pour la décoration de l'église. Ses funérailles se firent en grande pompe ; le cortège défila par les rues du bourg comme pour dire un dernier adieu à sa paroisse qu'il avait tant aimée.
Son corps repose à l'extrémité de l'allée centrale du cimetière près des cendres du doyen Colart. Durant le veuvage de l'église les colonnes du choeur et le fauteuil pastoral restèrent tendus de noir.

1880

Le 6 janvier, installation de M l'abbé Julien Romain ancien professeur du petit séminaire de Liesse, curé doyen de Moy appelé par décret à la cure de Sissonne. Le nouveau doyen était un prêtre entier à tout son ministère se distinguant par les grandes qualités du coeur.
Il portait à l'enfance et aux vieillards un intérêt et une sollicitude toute paternelle et comme son vénéré prédécesseur s'intéressa à la restauration de l'église qu'il prit à tâche de poursuivre. L'occasion du reste ne tarda pas à se présenter. La commune reconnaissant la sacristie trop petite et trop humide, était en mesure d'en construire une nouvelle dont les plans avaient été adoptés et dans la dépense de laquelle était comprise la restauration des voutes des chapelles latérales ainsi que l'ouverture de la fenêtre centrale de l'abside. Pour garnir cette fenêtre le conseil municipal vota une somme de 200 francs.
S'inspirant de ses bonnes dispositions et du texte même du testament de M Dupire le conseil de fabrique en profita pour ouvrir une souscription qui pu assurer l'oeuvre des verrières. Le succès dépassa les espérances : en moins de quelques mois elle atteignit le chiffre de 4 000 francs, plus que suffisant pour les frais de trois verrières. Dès lors on pensa garnir celles des chapelles latérales et dans ce but on s'adressa à la maison Basin du Mesnil-Saint-Germain (Oise).

1881

Ces verrières enchâssées dans les trois meneaux que comporte chaque fenêtre représente dans ceux des centres les saints en pieds auxquels elles sont dédiées. Ceux de côté sont ornés de médaillons représentant la vie de ces saints. Nous n'avons pas pour ces verrières à faire le même reproche qu'aux deux premières ; les expressions sont mieux définies et les scènes mieux disposées ; mais les critiqueurs trouvent que la couleur jaune est trop dominante.
M Bouché alors président du conseil de fabrique mû par un sentiment d'une nouvelle générosité profita de la présence des ouvriers que nécessitaient ces travaux ( et ceux de la construction d'une nouvelle sacristie ), pour faire construire à ses frais la voute du sanctuaire, et d'une partie du choeur.

1883

La mort de la Vierge Marie.
L'hôtel de Marie
La confrérie du Saint Rosaire comme sa consoeur de Saint Joseph résolut d'employer son encaisse à la construction préparatoire d'une chapelle et à l'acquisition d'un riche autel en pierres sculptées représentant au bas-relief la mort de la Vierge Marie.

1885

Cependant la souscription pour les vitraux étant restée ouverte atteignit enfin la somme suffisante pour garnir celles de côté du sanctuaire qui furent débouchées à leur tour. Ainsi se trouva complétée la vie historique du saint patron par les épisodes de son état militaire dans celle de droite, de sa vie épiscopale dans celle du centre de sa mort et de la consécration de l'église dans celle de gauche ; au bas de laquelle on encadra une photographie de M le doyen Dupire.

Sa mort
Saint Martin soldat
Sa vie épiscopale

Les vitraux de 1885 ont été détruits pendant la première guerre mondiale.
On remarquera que les vitraux actuels représentent les mêmes thèmes de la vie de St Martin,
mais dans l'ordre inverse, de gauche à droite

1888

Dernière visite de Monseigneur Thibaudier évêque de Soissons à Sissonne. Celui-ci étant appelé à l'archevêché de Cambrai.

1890

Première visite à Sissonne de Monseigneur Duval évêque de Soissons.

1892

Depuis vingt ans nous avons suivi le restauration successive de notre église et assisté à son embellissement, mais parmi les personnes qui y ont contribué combien nous ont quitté ! Plusieurs pourtant nous ont laissé des témoignages survivant de leur sollicitude pour leur chère église qu'ils n'ont pu voir terminée.
Les uns ont légué par testament des sommes relativement importantes à cette fin. D'autres ont donné à la fabrique des propriétés dont le produit de la vente devait augmenter son disponible. Madame Guyot Charpentier présidente de la confrérie du rosaire disposa entre autres choses d'une somme de deux mille francs pour terminer la chapelle de cette confrérie. Son nom avec ceux des Bouché, Renault, Piette et autres, resteront inoubliables dans les annales des bienfaiteurs de l'église. Grâce à ces libéralités la fabrique de l'église se trouve en possession d'une dizaine de mille francs qu'elle pensa employer à la construction des voutes du transept. Mais sur les observations d'un de ses membres, on s'aperçut bientôt de la difficulté de faire reposer des voutes sur des piliers qui en raison de leur isolement seraient dépourvus d'arc-boutant et par conséquent déséquilibrés. Le dit membre ( M Laurent président ) exposa qu'il serait préférable de poursuivre la reconstruction de la nef jusqu'aux amorces du clocher, que cette manière de procéder donnerait toute sécurité de solidité, en imprimant à l'édifice son cachet définitif. Le conseil de fabrique et l'architecte comprenant la sagesse de ces raisons confia à ce dernier le soin d'en faire les devis lesquels montèrent à la somme de vingt mille francs. Afin d'en réaliser le chiffre l'administration fabricienne s'adressa au conseil municipal qui vota à cet effet une somme de deux mille francs. De son côté la fabrique s'engagea pour une somme supplémentaire de deux mille francs produit d'une souscription qu'elle se proposait d'ouvrir. Pour le surplus on s'adressa à l'Etat. Le Ministère peu édifié sans doute sur l'urgence de l'entreprise renvoya le dossier en engageant la commune à réunir une somme plus considérable en vue de terminer entièrement et d'un seul jet la restauration de l'église. Si le projet était désirable, il était irréalisable au point de vue pécuniaire, puisqu'on ne pouvait espérer même à longue échéance, réunir la somme considérable et nécessaire en ce cas. D'autre part les donateurs pressaient l'emploi de leurs dons. On tenta une dernière instance qu'une puissante influence se chargea de faire prévaloir.
En mai, 2ème visite pastorale de Monseigneur Duval. Il couche plusieurs nuits à Sissonne.

1893

Dans le courant de novembre eut lieu la bénédiction de la partie agrandie du cimetière par suite d'une offre de concours de 16 ares de terrains faisant partie de l'ancien clos de M Lannois, en exécution des derniers désirs de feu Mme de Florival qui s'en était rendu propriétaire. De ce fait le cour d'eau qui séparait ces deux parties fut comblé, la rivière détournée et le cimetière de ce côté clos d'un mur.
L'église de Sissonne possède une relique de Saint-Martin renfermée dans une châsse de style gothique et deux plus importantes ( 2 tibias : Saint-Honorat et Saint-Clémentien ) renfermées dans des reliquaires antiques. Ces ossements proviendraient des premiers martyres trouvés dans les catacombes de Rome et desquels on retrouva l'authentiqueActe qui certifie l'authenticité tout récemment. Ils auraient appartenus primitivement à l'abbaye de Saint-Michel (correction en marge : ou plutôt à Montrail ou Montreuil de Laon) qui en aurait fait don à l'église de Sissonne. Entre autre chose de remarquable nous remarquons le tabernacle dont nous avons déjà parlé et que certains antiquaires attribuent à Jean Gougeon. Une belle peinture sur toile sur la porte de service de la sacristie représentant Sainte Catherine offrant sa virginité à l'enfant Jésus est une oeuvre dont la perfection ne le cède en rien à la richesse de son encadrement.
La Vierge à la chaise (Raphaël)
La vierge à la chaise qui lui fait pendant est une copie du Louvre ; elle appartient à l'école italienne. Une vieille toile, le noël de Jouvenet (d'autres prétendent que l'original est de Rubens) se trouvant dans la chapelle du sacré coeur à une certaine valeur mais elle aurait besoin de réparation . Enfin son pendant de la chapelle Saint Roch est la reproduction de l'épiphanie du Louvre (ajout: La vierge aux donateurs de Van Dyck).
La Vierge aux donateurs (Van Dyck)
Je serais incomplet si je ne mentionné pas la chasuble de Saint Michel dont le riche médaillon représentant l'Archange terrassant le dragon est une fine broderie de soie ancienne, ainsi que la belle guirlande de feuillage qui la borde. On croit que c'est l'oeuvre d'une ancienne châtelaine de Sissonne. Cet ornement avec l'aube brodée à la main, don de M Reinbeau curé retiré à Sissonne à une réelle valeur.

1894

Le 25 mars jour de Pâques M le doyen donne connaissance en chaire que le gouvernement approuve enfin le projet des travaux à faire à l'église et qu'il alloue à la commune et à cet effet une somme de 4 000 francs. L'administration communale réclama à la préfecture et obtient la dispense d'adjudication, ce qui lui permettra de passer avec M Lemaire ancien constructeur du clocher un état de marché par lequel celui-ci s'engageait à commencer les travaux au mois de mars de l'année suivante.

1895

Ainsi que nous l'avons cité précédemment le conseil de fabrique s'était engagé pour une souscription de deux mille francs dans la somme à fournir pour satisfaire aux dépenses des travaux de l'église. Quelques personnes, les premières ont suffi pour souscrire cette somme.
Si comme nous l'espérons la généralité des habitants de la paroisse répondait aussi bien à l'appel qui leur est fait, il n'est point douteux que la souscription ne produise un montant suffisant pour permettre de vouter la nef dont les travaux n'ont point été prévus dans le devis primitif.

Le 25 mars, les premières pierres arrivèrent avec l'entrepreneur et ses ouvriers, et les travaux élémentaires commencèrent. On s'est aperçu bien vite des sommes considérables qu'on allait y consacrer inutilement comme étaiement, raccordement par le fait d'une reconstruction partielle. Le conseil de fabrique s'en émut et résolut étant donné la souscription fructueuse non plus de vouter la nef mais bien de reconstruire en même temps les bas côtés. L'architecte mandé à la hâte produisit à cet effet un devis supplémentaire de 15 000 francs. La fabrique trouva le moyen de parfaire au versement de 12 800 francs primitivement promis sans toucher à la souscription et en réserva le montant soit 6 000 francs environ qu'il affecta à ce supplément de travaux. Le conseil municipal entra dans ces vues et vota pareille somme le reste devant être demandé à l'Etat. Pour la réalisation de ce nouveau projet les formalités furent remplies aussi vite que possible de sorte qu'au 1er mai rien ne s'opposait à sa réalisation, et l'entrepreneur put commencer les démolitions.
Contrairement à ce que j'écrivais dans la première partie de ce mémoire la démolition de la nef du 12ème siècle révéla des pierres calcinées ce qui indiquerait que l'église dû subir les ravages de l'incendie vers le 13ème ou 14ème siècle. En même temps que le creusement des fondations des colonnes de la nef mit à découvert des débris humains ( puisqu'autrefois on enterrait dans les églises), les terrassements de celles des bas côtés subirent un éboulement parallèle dans l'intérieur de l'église qui mirent à découvert la fondation intacte de la primitive construction. A part ce petit incident les travaux favorisés par un beau temps suivirent régulièrement leur cours de sorte que fin de juillet les gros oeuvre du bas côté nord était terminé et l'on pouvait déjà se rendre compte du bel effet que produirait cette restauration.

1er août : la démolition de la nef du côté du midi mit à découvert les colonnes en gorge de pigeonsGorge de pigeon :
La partie la plus étroite du chapiteau dorique, entre l'astragale du haut du fût de la colonne et des annelets. Se nomme aussi gorgerin et colerin
de la primitive église. Ces colonnes surmontées de leurs chapiteaux sculptés de figures humaines et de rameaux végétals rappellent bien le 12ème siècle. C'est évidemment à ces colonnes qu'ont appartenu les débris qui ont été trouvé dans les fondations de l'ancien clocher et dont nous avons parlé à l'occasion des travaux de 1879.
Cette découverte éclaire d'un jour nouveau la question de la première église restée obscure jusque là, faute de documents, laquelle contrairement à sa description relatée dans la première partie de ce mémoire devait présenter un certain cachet d'architecture. Mais il est certain qu'elle a dû pour différentes causes subir de notables transformations. En effet nous lisons sur l'une de ces colonnes, l'inscription suivante :
ci-git
Barbe Annequin
qui décéda le 4 septembre 1693
Resquiescant inpacé
Amen

Il est donc évident que les grosses maçonneries qui obstruaient les colonnes ont été construites ultérieurement c'est-à-dire à l'époque de la construction du vieux clocher dans le courant du 17ème siècle.

12 août : nous déposons sans cérémonial sous la première assise de la nouvelle colonne de l'entrée du choeur au côté droit une plaque commémorative portant sur cuivre empaqueté d'une enveloppe de plomb ces quelques lignes :
la nef et les bas côtés
ont été réédifiés en 1895
sous l'administration de
M M Desjardin, maire
Romain, curé doyen
Fla. Laurent, président du conseil de fabrique
M M Thieros, architecte
Lemaire, entrepreneur

25 décembre : l'enlèvement des échafaudages et le déblaiement de l'église permettent la rentrée des bancs. Si l'on peut admirer dés lors l'ampleur de la nef et la coordonnance des bas côtés, le gros oeuvre n'est qu'à l'état brut, n'ayant aucun ravalement intérieur d'exécuté sauf la chapelle du Rosaire.
La grande partie des voutes restant à faire et qui laisse l'église glaciale s'impose nécessairement et préoccupe à bon droit l'administration qui serait disposée à terminer cette grande oeuvre si elle obtenait la dernière subvention qu 'elle a sollicité de l'Etat.

1896

Dimanche 1er mars : l'administration municipale vote 10 000 francs sur 12 000 nécessaires pour l'achèvement des voutes de l'église et des ravalements non prévus aux 2 premiers devis, sauf à demander à l'Etat un dernier secours de 2 000 francs pour compléter l'oeuvre de restauration dit de gros oeuvre.

Le 12 mai : l'Etat accorde à la commune les 4 000 francs sollicités pour aider à la restauration de l'église de Sissonne et 2 000 le 1er octobre.

23 octobre : les ouvriers ont terminé leurs travaux ; c'est l'accomplissement de la 3ème partie du plan général de la restauration de l'église dont la dépense s'élève de 36 à 40 mille francs non compris les moulures des bases des colonnes, l'ouverture de la porte latérale et le dallage ajourné à la réunion des ressources nécessaires qui porteront la dépense totale à 50 mille francs environ.
En y ajoutant les 80 mille francs dépensés en 1871, le 10 mille francs qu'a coûté la sacristie ainsi que les 20 mille francs dépensés pour les chapelles et les vitraux, nous trouvons que la dépense de la restauration générale de l'église s'élève à la somme de 160 mille francs. Malgré l'énormité de ce chiffre nous éprouvons une réelle satisfaction en pensant que l'oeuvre est réussie et procure au culte un édifice digne de Dieu et à la paroisse un monument remarquable.
La nef est supportée par 8 colonnes rondes parallèles et de même style que celles du choeur, sur les chapiteaux desquelles reposent ses arcs-doubleaux et les voutes des bas côtés. Mais en raison de sa surélévation ses voutes suspendues et en plein cintre s'appuient sur des consoles à 1 mètre au-dessus des chapiteaux. La hauteur relative des bas côtés fit que l'architecte n'a trouvé place que pour les oculisUn oculus (des oculis) est une ouverture pratiquée sur un comble de voûte. On en trouve au centre de nombreuses coupoles, dans les basiliques latines. Il est aussi une petite baie ronde dans un mur en élévation, par exemple au sommet d'un tympan. Dans une voûte, il peut permettre de monter les cloches dans la chambre des cloches d'un clocher. prenant jour dans le toit afin d'éclairer l'étage supérieur.
La voute centrale du transept domine le tout de 1,40 m et ses élégantes nervures de style ogival reposent et complètent les colonnes du choeur.
En somme cette partie de l'édifice est de pur roman et il est à regretter que l'architecte ne s'est pas appliqué à la régularité, en s'inspirant des baies du choeur et du clocher pour les fenêtres des bas côtés où l'ogive surbaissée aurait dû paraître s'harmonisant mieux avec l'ancienne construction.

1897

25 mars : monsieur le doyen ayant fait appel à la générosité de quelques familles fortunées qui voulurent bien offrir une verrière réussie complètement. Déjà le vitrail des fonds baptismaux
Le vitrail des fonds baptismaux
était offert par M M les Ecclésiastiques du canton à leur doyen à l'occasion de la 25ème année de son décanat et les autres par les familles ou des corporations de sorte que les fenêtres de la nouvelle construction reçoivent leurs vitraux respectifs. Nous nous dispenserons de les juger au point de vue de l'art ; leurs tons sont bons et la modicité de leur prix les mettent à l'abri de toute critique.
18 avril : dimanche de quasimodo. Malgré la diligence de Monsieur le président du conseil de fabrique on ne put légalement établir les comptes de l'année écoulée, ni établir le budget de l'année suivante, les membres du conseil n'étant pas en nombre.

1898

18 janvier : on pose les verrières des oculis
Les oculis
de l'étage supérieur de l'église, ainsi que ceux des chapelles des fonds baptismaux et des confessionnaux émanant comme les précédentes des ateliers de M Hutin de Reims.
17 mars : monsieur le doyen sous le coup d'une congestion cérébrale et d'une paralysie n'exerce plus son ministère.
10 avril : monsieur le doyen Romain quitte Sissonne pour se retirer à Coucy-le-Château au milieu de sa famille aux regrets de ses paroissiens privés même de ses adieux.
2 mai : le révérend père Rasset de la congrégation du sacré coeur de Saint-Quentin est délégué à Sissonne pour exercer le ministère par intérim sous la tutelle de Monsieur le curé de Boncourt, promoteur du doyenné.
4 août : 1ère visite de Monseigneur Derammecourt évêque de Soissons. Sa grandeur est reçu au presbytère par Monsieur l'abbé Brulé curé de Boncourt. Les autorités municipales et fabriciennes viennent lui présenter leurs hommages.
Sur le seuil de l'église M Laurent président du conseil de fabrique adresse à sa grandeur une allocution dans laquelle, après avoir donné à M le doyen Romain un témoignage de reconnaissance et de regret retrace dans ses grandes lignes l'historique de l'église et de ses différentes restaurations.
Monseigneur dans une ample réponse laisse échapper ses paroles que nous tenons à retracer :
« Il y a donc eu autrefois à Sissonne des familles profondément chrétiennes qui ont soutenu les droits et la gloire de Dieu en des jours difficiles et se sont dépensées pour l'édification de leur église. »
Après avoir conféré le sacrement de confirmation aux enfants de Sissonne et des paroisses environnantes, Monseigneur procède à la reconnaissance des grandes reliques de Saint Honorat et Saint Clémént dont les authentiques furent renfermés dans les reliquaires nouvellement restaurés.
Un compte-rendu de cette imposante cérémonie fut imprimé et distribué à près de 200 exemplaires.
20 août : Monsieur Romain ayant donné sa démission de curé doyen de Sissonne Monsieur l'abbé Hasard curé de Jussy fut nommé doyen titulaire de Sissonne.
Son installation eut lieu ce jourd'hui par l'archiprêtre de Laon. Reçu au presbytère par Monsieur le promoteur il fut complimenté par Monsieur le maire qui lui souhaita la bienvenue accompagné du conseil municipal et de fabrique. Sur le seuil de l'église le président de fabrique adressa à M le doyen un discours de circonstance en lui offrant les clés de l'église. Celui-ci y répondit par quelques paroles pleines de goût et de tact. Après la cérémonie un déjeuner de famille réuni au presbytère monsieur le maire et le conseil de fabrique.
24 octobre : décès de M l'abbé Romain dans sa famille à Coucy-le-Château.
27 mardi : service religieux de M Romain dans cette localité. L'enterrement eut lieu l'après-midi à Blérancourt son pays natal et son corps déposé dans un caveau de famille.

 

Fin de la troisième partie


Recherches aux archives : Marc BERRIOT - Jean-François MARTIN

Mise en page : P.H.


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