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Le« Canton de Sissonne »

Liesse Notre-Dame

Les habitants de Liesse Notre-Dame sont des "liessois, liessoises"

Liesse Notre-Dame dans le canton
Liesse Notre-Dame
Code postal 02350
Code Insee 02430
Habitants 1327
Superficie (ha) 996
Densité (Hab/km2) 133
Altitude de 68 à 87 m
Longitude 3°48'18"
Latitude 49°36'37"
Mairie : Tel. 03.23.22.00.90
Adresse Mel mairiedeliesse@wanadoo.fr
Site http://www.ville-de-liesse.com
Maire Lionel Messieux
Nombre de conseillers 15

Histoire du bourg :

LIESSE, LIANCE en 1139 ; LIENCE en 1167 ; LIANCE NOTRE-DAME en 1269.

Bourg de l'ancien Laonnois, bâti dans une vaste plaine marécageuse, à 12 k. à l'est de Laon, autrefois de la généralité de Soissonns, des bailliage, élection et diocèse de Laon, aujourd'hui du canton de Sissonne, arrond de Laon, diocèse de Soissons.

Patronne, la Vierge.
Population : 1760, 270 feux ; 1800, 1.043 h. ; 1818, 1.041 h. ; 1836, 1.250 h. ; 1856, 1.411 h. ; 1861, 1.408 h.
Dépendances : Ste-Suzanne (fabr. De sucre) ; le Moulin de Liesse (F.)

Malgré la grande célébrité de son pélerinage, l'origine de Liesse est encore couverte d'une profonde obscurité ; tout ce qu'on peut dire c'est que, au 12e siècle, son terroir appartenait aux seigneurs de Pierrepont ; que la dime de sa cure, fort peu importante alors, fut donnée par un certain Raoul de Ronis,en 1163, à l'abbaye de St-Martin, et que cette cure elle-même passa, vers 1180, dans les mains du chapitre de Laon qui l'a conservée jusqu'à la révolution. Il n'est pas question de son pélerinage d'une manière authentique, avant la première moitié du 14e siècle ; mais il est certain qu'il était alors en pleine activité. Toutefois, on peut croire que la légende des chevaliers d'Eppes était encore peu connue à cette époque, puisqu'une pièce de l'an 1390, où sont longuement détaillés les miracles opérés par N.-D. De Liance, ne parle en aucune façon de ces chevaliers (Voyez ci-dessous le texte entier de cette pièce importante et curieuse). Depuis, la célébrité de cette image n'a fait que s'accroître, de telle sorte qu'indépendamment de la foule de pélerins qui ne cessèrent d'y affluer, on vit encore beaucoup de grands seigneurs et même la plupart des rois de France, s'y rendre en pélerinage. Le plus célèbre de ces pélerinages est celui de Louis XIII, qui, en 1632, y vint avec Anne d'Autriche, sa femme, pour prier la Vierge d'obtenir du ciel par son intercession, que la reine lui donnât un fils.On voit encore dans le choeur de l'église de Liesse, le tableau dont il lui fit présent à cette occasion. Malgré les richesses entassées dans son église, Liesse eut peu à souffrir pendant les troubles et les guerres des 15e, 16e et 17e siècles. Au mois de novembre 1568, les troupes du prince d'Orange composés de Protestants, après avoir pillé ce bourg et son église, mirent le feu à cette dernière, dont la couverture et le clocher furent réduits en cendres. Un demi siècle après, en 1621, un incendie dut à l'imprudence y consuma 80 maisons. Dès 1384, un ermite nommé Jean de Marly, fonda à Liesse pour les pauvres pélerins, un hôpital que le chapitre de Laon, propriétaire de la chapelle de Liesse, parvint à faire fermer parce qu'il détournait une partie des offrandes des fidèles. Vers le milieu du 17e siècle, une femme nommée Elisabeth Hérissé tenta de relever cet hôpital ; mais elle fut à son tour obligée de se retirer devant la résistance de même chapitre. En 1718, le roi, à la demande d'Anne, Palatine de Bavière, dame de Liesse, établit en ce bourg un marché-franc le 1er samedi de chaque mois ; il est aujourd'hui remplacé par deux marchés hebdomadaires se tenant les mardis et vendredis. Liesse possèdent en outre quatre foires annuelles qui se tiennent le lundi de la passion, le 29 juin, 21 septembre et 22 décembre.

Seigneurs de Liesse :

1139 Guy de Liance, fils de Roger, seigneur de Pierrepont et Montaigu. Guy fut d'abord chanoine de Laon, fit le pélerinage de la Terre-Sainte en 1131, fut nommé doyen de l'église de Laon en 1137, et évêques de Chalons en 1142.
1163 Raoul de Ronis, seigneur dudit ; femme, Ida ; enfans ; Jean, Gautier, Ligarde, Béatri, Aélide, Mathilde.
1505 Louis de Proisy, seigneur de Liesse en partie, fils de Louis, seigneur de Proisy ; femme, Claude Despances.
1530 Isambart de Proisy, leur cinquième fils, seigneur de Montceau-sur-Oise, la Plesnoy, Résigny, Liesse et Marchais (Voyez ce mot).
1535 Louis de Proisy, son frère, seigneur dudit.
Vers 1580 Charles-Etienne d'Espinoys, seign. de Liesse et vicomte de Barenton-Bugny.
1655 Valerand des Fossés, baron d'Honnecourt, seigneur de Liesse, vicomte de Barenton-Bugny.
Vers 1660 Marie de Lorraine, dame de Liesse et Marchais.
1688 Henri-Jules de Bourbon,prince de condé, duc de Guise, s. de Marchais et Liesse.
1718 Anne, Palatine de Bavière, sa veuve, dame de Marchais et Liesse.


Source : Dictionnaire Historique Généalogique et Géographique du département de l'Aisne par MELLEVILLE (1857)

Données extraites de l'Annuaire Paul DOUAI de Laon de 1932 :

LIESSE, canton de Sissonne ; 1447 habit. ; 287 élect. ; à 10 k. de Sissonne ; à 16 k. de Laon ; postes, télégraphe, téléphone, chemin de fer ; Fête communale : le dimanche qui suit le 14 septembre.
Pélerinage en l'honneur de la Sainte-Vierge, Chapelle Marie-Réparatrice - Carmel
Cours d'eau : La Souche


Maire Calmus Adjoint Foulon L. Conseillers Municipaux Blottière, Baudrez, Duval E., Allart P., Augeix, Lannois, Terrien E., Sénéchal, Lecygne, Thomas
Secrétaire de mairie Robinet E. Instituteur Duterque Institutrice adjointe Duterque Mme
Curé de Parvillez Receveur de l'enregistrement N. Receveur des Postes Plault
Receveur des contributions indirectes Salvetat Percepteur Lecomte Notaire Baudrez (tél : 5)
Huissier Deville (tél : 1) Médecin Delvincourt Hospice Delvincourt
Caisse d'Epargne de Laon (succursale de Liesse) Robinet Eug., caissier Fanfare Boutantin M., directeur Chef de gare Chantreaux
Sapeurs-Pompiers (26) Roger Edm., capitaine honoraire ; Delamotte, lieutenant Appariteur Pétré Société électrique de Voyenne Lejeune, ingénieur
Société de Secours Mutuels Dubois P., président ; Calmus, vice-président Gendarmerie Labesse, chef de brigade Ameublements Loisel
Arpenteur Calmus Assurances Calmus, Thomas Aubergistes Legros, Rousselle, Talmont Mme, Boitelle, Descamps, Besville L., Alboucq, Miel, Démon
Automobiles Lacroix G., Lefèvre M. Banques SOCIETE GENERALE
Bureau auxiliaire
rattaché à l'Agence de Laon
ouvert tous les vendredis
Bestiaux (md de) Baptiste, Duval (tél : 15)
Bonneterie Benault, Riga, Démon Bouchers Mailliet, Brabant Boulangers Boutillé Paul, Mauprivez
Bourrelier Gosset Brasseur Jund (tél : 11) Cafés Decorse, Legros, Leroy, Rousselle, Vergé, Alboucq, Miel
Chapeliers Renault, Riga Charcutiers Legros, Noël Chaussures (md de) Comptoirs Français, Etablissements Goulet-Turpin, Familistère, Renault, Riga, Démon
Charron Fournier Coiffeur Pétré Cordonniers Lefort, Falaize, Dion
Couturières Thévenard, Immery Mlle Couvreurs Lemaire, Copillet Cultivateurs Allart, Charlot, Foulon-Lefèvre, Roucoux, Sénéchal
Epiciers Comptoirs Français : Warren, gérant ;
Etablissement Goulet-Turpin : Rousselle, gérant ;
Lecompte Mlle, Alboucq,
Le Familistère : Guillemart, gérant ;
Romet, Boitelle A., Démon
Ferblantier Terrien Géomètre Calmus
Grains (md de) Mauprivez, Boutillé Horloger Blottière Hôtels du Cheval Blanc : Verge ;
du Lion d'Or : Talmon Vve ;
Saint-Nicolas : Décorse (tél : 20) ;
des Trois Rois : Leroy (tél : 10)
Jardiniers-maraîchers Allard-Debouzy, Charlot, Dupin-Covin, Roucoux, Lefèvre-Potart, Boitelle Imprimerie Creveau L. Librairie Creveau A.
Maçons Sébastien, Boitelle Maréchal Malhomme Mécaniciens Lacroix, Lefèvre
Menuisiers Boudinot, Tanquart, Grégoire G. Merciers Warren, Renault, Démon, Riga, Guillemart Meubles Loisel
Modes Riga Munitions de chasse Terrien, Alboucq Nouveautés, rouennerie, tissus Renault, Riga, Au Bon Marché, Démon, Rousselle
Orfèvres, march. de souvenirs de pélerinages,
de Gravures, Images, Bagues, etc;
Creveau, Gargominy, Riga, Foulon-Mercier, Foulon-Tellier, Labbé Mme, Vaflart Mme, Tellier, Fournier Osiers (md d') Foulon Papiers peints Foulon-Tellier
Pâtissier Decorse Pension de demoiselles Dalle Mme Pharmacien Augeix
Plants de peupliers (md de) Foulon G. Quincaillerie Terrien Rentiers Bauvillé, Braconnier, Guyot Mme, Lecart Mme, Lepreux, Moncomble-Lamand, Moschenroos Vve, Petijean, Ravenel, Rivière, Tellier Vve, Vincelet, Cuif, Galimant L., Coulbaux, Collery, Duval, Danet Vve
Repasseuses Dupin Mme, Cherquitte Mme Tabac Henri Tailleur Balossier
Tourbes Foulon-Lefèvre Vélocipèdes Lacroix, Lefèvre M. Vins en gros Lannois P.

ECARTS
Ferme de Sainte-Suzanne, appartenant au Prince de Monaco.
Préventorium départemental à Liesse (200 enfants) :Discher Mme, directrice ; Talma, receveur ; Rousselle E., économe ; Nicolas, instituteur ; Lagarde Mlle, Deleroix Mlle, Prévost Mlle, institutrices.

Abonnés au Téléphone :
19 Allart, assurances
 2 Baptiste, boucher
 5 Baudrez, notaire
32 Boutillé, boulanger
33 Brabant, boucher
13 Calmus, géomètre
12 Chemin de fer du Nord
 8 de Bisschoff A., à Missy-lès-Pierrepont
20 Decorse, hôtel
 7 Docteur Delvincourt
21 De Parvillez, curé
29 De Parvillez Vve
 1 Deville, huissier
 6 Domaine de Marchais
 4 Domaine de Marchais (ferme de Sainte-Suzanne)
 3 Dubois, propriétaire
17 Dupré
15 Duval, md de bestiaux
 9 Gendarmerie
16 Huart, propriétaire
25 Institution N.-Dame de Liesse
11 Jund, brasseur
39 Klein
24 Lacroix, mécanicien
18 Lannois, vins en gros
27 Lefèvre, mécanicien
38 Lefèvre M., garagiste
10 Leroy, hôtel
14 Mailliet, boucher
35 Préventorium
23 Sébastien, entrepreneur
34 Romet, épicier
30 Soc. électr. de Voyenne, sect. sud
22 Soc. d'Exploit. des marais de la Souche
37 Vergé, Hôtel du Cheval Blanc



Données extraites de "L'annuaire officiel des abonnés aux téléphones 1951"

Abonnés au Téléphone 1951:
40 Augeix, pharmacien
48 Beaufort frères, expl.forest., pl., gare
 5 Baudrez, notaire
33 Brabant, boucher
27 Breteaux, débitant
13 Calmus, géomètre
 6 Château de Marchais, régisseur
 4 Château de Marchais, ferme de Sainte-Suzanne
36 Château de Marchais, S.A.S la princesse
24 Couvent Marie-Réparatrice, 14 r. Abbé Duployé
12 Chemin de fer français (SNCF), gare
16 Delemme, propriétaire, villa des Roses
 1 Delorme A., huissier
 7 Delvincourt, docteur
19 Docteur Padovani, 4, place Fôtel-de-ville
45 Douchain père et fils, comm., place du parvis
15 Duval, md de bestiaux
30 Electricité de Frace, secteur 334
23 Entreprise Sébastien père et fils, travaux.
26 Ferrari (R.), entrepr. peinture,29-33 rue de Laon
28 Garage Peccavet (A.), route de Gizy
 9 Gendarmerie
47 Herboux, peaux, métaux, 63 faubourg de Reims.
25 Institution N.-Dame de Liesse
11 Jund, brasseur
42 Lambotte, alimentation, 18 rue de Laon.
21 Lefévère (H:), curé, 1 rue Duployé.
27 Lefèvre(Maurice), garagiste.
38 Lefèvre M., garagiste
14 Mailliet, boucher
17 Malhomme, T.S.F, 15 rue de Laon.
46 Marinthe (E.), sage-femme.
44 Pennier (H.), fourr., légumes, 31 rue de Laon.
18 Pierrard, bois et matériaux de construction.
43 Pinon (Andrée), salon de coiffure dames.
41 Riga Lebon, commerçant, 21 rue de Laon
34 Romet, épicier.
22 Soc. d'Exploit. des marais de la Souche
 2 Valtier, charcutier, rue abbé Duployé.
20 Vermue (J.), agriculteur, face à la gare.


Liesse Notre-Dame : Téléphones 1951
hopital

L' occupation allemande à Notre-Dame de Liesse

Le texte qui suit est tiré du bulletin "La Semaine religieuse" du 22 septembre 1917 (Archives de l'Evêché de Soissons) :

Nos lecteurs liront avec le plus grand intérêt la relation suivante qu'une dame évacuée de Liesse, dans ces derniers temps, a bien voulu nous adresser au début du mois d'août :

" Liesse a été envahi le 1er septembre 1914 ; la population ne s'attendait pas à un envahissement si prompt. Notre armée venait de nous quitter et, à part quelques personnes plus craintives, tous étaient là, le maire M le Curé, son vicaire, les religieuses de l'Hôtel-Dieu. Pendant quelques mois, Liesse fut zone d'étapes et nous fûmes à peu près tranquilles. D'abord, le soldat allemand moins privé, ne volait rien ; puis on pouvait trouver, à des prix élevés, quelquefois du beurre, voire du boeuf en petite quantité. Mais, depuis 1916, Liesse est compris dans la ligne de front et en subit tous les inconvénients.
On ne peut sortir, dans la bonne saison, qu'à six heures le matin, pour rentrer à neuf heures le soir ; l'hiver, à la nuit, les rassemblements de plus de trois personnes sont défendus ; tous les habitants de 14 à 60 ans, doivent travailler au champ ou dans les lazaretsLes lazarets étaient à l'origine, des léproseries ou des établissements de quarantaine. Le mot provient de l'italien lazzaro. Les épidémies pendant la première guerre mondiale ont nécessité la création de tels centres. De nos jours le mot désigne le plus souvent des lieux-dits dans le sud-est de la France. (source Wikipedia), laver les salles d'opérations, les linges à pansements, les carreaux, etc. Les jeunes garçons de 13 ans ont été occupés à échardonner les blés. Nous n'avons pas eu à nous plaindre d'atrocités de la part de l'ennemi, mais les habitations sont systématiquement vidées par les réquisitions de toutes sortes. Les cuivres, jusqu'aux boutons des portes, tous les matelas de laine sont enlevés. Il nous a fallu faire un inventaire du linge, de la vaisselle, de l'argenterie, etc, que chacun possédait et le déposer à la mairie. A chaque changement de troupes, on réquisitionne d'après son inventaire, ce qui plait aux allemands. Les étains, les bronzes d'art, tout est parti. On ne peut aller au-delà des dernières maisons du pays, à moins d'une autorisation spéciale et très motivée ; la plupart du temps cette permission est refusée.
A Liesse, les soldats doivent habiter sur le devant des maisons, les civils sont relégués dans les cours. Des prisonniers civils, des pays évacués, dont les femmes et les enfants ont été dirigés sur la Belgique, doivent travailler cinq heures par jour, aux scieries ou à la construction de nouvelles lignes de chemin de fer, ou encore aller chercher les matériaux des lignes de chemin de fer, rendues inutilisables par le bombardement français. Ils sont très exposés, travaillant à moins de 8 km du front ; Ils souffrent de la faim et beaucoup s'anémient chaque jour davantage. Le ravitaillement américain devenait insuffisant et avec de l'argent dans sa poche, on mourait de faim. On ne trouve plus de vêtements ; l'autorité militaire fait annoncer souvent que les civils doivent déposer à la kommandantur des vêtements d'hommes destinés à ces prisonniers ; mais on doute fort que ces dons leur parviennent. Les médicaments font défaut ; les hôpitaux pour civils, sous la direction allemande, sont infectés ; pas de soins, pas de nourriture. Beaucoup succombent qui auraient la vie sauve s'ils avaient été soignés. Aussi cache-t-on le plus possible son état au docteur, dans la crainte d'être expédié dans ces véritables écuries.
Les églises des environs sont toutes transformées en lazarets. La Basilique de Liesse a été occupés par les blessés pendant les mois de mars et d'avril ; on n'assistait à la messe que dans le sanctuaire. Puis, on nous a rendu le choeur et enfin la nef. Les allemands ont enlevé presque toutes les chaises, les cloches comme partout, moins les deux cloches historiques. Ils ont enlevé aussi les tuyaux des orgues, qu'ils ont fait fondre dans la cour du presbytère de Liesse. Jusqu'à présent, les ex-votos et la statue miraculeuse sont intacts, ainsi que les coeurs qui ornent le sanctuaire ; mais seront-ils encore longtemps respectés ?
Les religieuses de l'Hôtel-Dieu logent chez le notaire, leurs appartements étant occupés par les prisonniers civils de Mauregny, Coucy, Montaigu et autres pays environnants évacués en février-mars 1917. La mairie, le séminaire, la pension (où l'on fait les opérations), la maison des Dames Blanches, sont occupés par les blessés.
On ne prévoit pas l'évacuation de Liesse, ce serait la dernière des misères. Le moral des civils est bon ; ils patientent et espèrent, selon la devise des envahis : « Pâtir et patienter ! ». L'état sanitaire des civils est satisfaisant. Tout le quartier de la gare est évacué. Nous-mêmes, en mars dernier, par un affreux temps de neige, avons été mis précipitamment à la porte de notre maison. Il ne nous reste qu'à plaindre nos malheureux compatriotes restés là-bas et à prier pour eux. Les nouvelles de la France libre ne parviennent presque jamais à Liesse : j'en ai fait l'expérience.
M le Curé et M le Vicaire sont toujours à Notre-Dame de Liesse, heureusement pour tous nos compatriotes. M l'abbé Noël s'occupe avec dévouement des petits garçons qui, sans lui, seraient livrés à eux-mêmes, les parents étant pris par les réquisitions et l'école fermée. Des jeunes filles dévouées de la paroisse s'occupent des fillettes. Les tout-petits sont gardés par les religieuses de l'Hôtel-Dieu dans des locaux de fortune. M l'abbé Louis Jacquemin, professeur à St Charles, réfugié chez sa mère depuis l'évacuation de Chauny, et M l'abbé Soubrier, prêtre en retraite, rendent aussi bien des services. "

A ces renseignements, nous joindrons les suivants :
M Charles, le dévoué sacristain de la basilique est, lui aussi, un rapatrié de ces derniers temps ; ses informations confirment celles de notre correspondante. M de Parvillez, curé de la Basilique, se rend une fois par mois, le dimanche à Pierreponts et à Missy. M le chanoine Godfroy, notre cher confrère du Grand Séminaire, réside toujours à Rozoy-sur-Serre, son pays natal ; il n'a obtenu qu'une seule fois de venir à Liesse. Par M l'abbé Gobaille, curé de Résigny, qui le tient de paroissiens rapatriés, nous savons que M Godfroy, après avoir assuré le service de Brunehamel, à la mort de l'abbé Péan, puis de Soize, assure actuellement , d'une manière régulière, celui de Résigny. Le service religieux est fait à Sissonne par le P Willot qui se trouvait là au moment de l'invasion. L'abbé Chevalot, qui fit pendant assez longtemps les fonctions de curé à Saint-Marcel de Laon, réside maintenant à Crépy-en-Laonnois.

H.B.

Source : La Semaine religieuse, 22 septembre 1917 (Archives de l'Evêché de Soissons)

Mise en page : Marc BERRIOT



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© Site du Club Informatique Ademir. Dernière modification le 05/04/2014 à 11:53