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Les sites et monuments remarqués dans « Sissonne »

Histoire du corps des Sapeurs-Pompiers de Sissonne

Depuis les origines

Le texte qui suit est paru dans le bulletin municipale de 1966 sous la plume de Jacques AVEZ, alors Capitaine, chef du centre de secours, Inspecteur départemental adjoint des services de protection contre l'Incendie.

Si d'aventure, vous parcouriez les archives de la Mairie, vous y trouveriez une délibération du Conseil Municipal en date du 29 janvier 1825 votant une imposition extraordinaire de 1500.11 francs pour l'achat d'une première pompe à incendie. Ce projet fur approuvé par Ordonnance royale du 31 mars 1825.
En effet, rien n'avait été créé jusqu'alors pour combattre les incendies qui se déclaraient assez souvent dans la localité, où les bâtiments étaient couverts en chaume. Et le souvenir de désastres causés dans le passé par le feu donnait à réfléchir aux administrateurs locaux.

Au début du mois de février 1593, Sissonne est presque complètement incendié par les troupes de Philippe II, roi d'Espagne.

Le 18 août 1621, un incendie détruit dans la Roize douze maisons "attenantes les unes aux autres".

Le 8 février 1673, deux maisons et plusieurs bâtiments sont détruits par le feu.

Poursuivis par les Cosaques et les Prussiens, les habitants s'enfuient avec leur argent et leurs chaufferettes pleines de braises (on était le 28 février 1814) et mettent par imprudence le feu au Parc. L'incendie est toutefois promptement maîtrisé et un arpent seulement de bois est brûlé.
On en vint donc à l'achat d'une première pompe à incendie, car il avait été décidé d'en acheter une deuxième quand les ressources le permettraient.
Une compagnie de sapeurs-pompiers fut constituée.
L'effectif était de 59 hommes. Il s'agissait, il est vrai, d'une survivance de la Garde Nationale puisque les pompiers, armés de fusils, devaient assurer l'ordre et la tranquilité des habitants.
La capitaine en était : Louis PENANT, et le lieutenant : Louis LAVOINE.

La délibération du 28 août 1825 fixait également le règlement de service :
Manœuvre le premier dimanche de chaque mois à 5 heures du matin, sanctions allant jusqu'à trois jours de prison ! On n'y allait pas de main morte à l'époque !
Bref, l'organisation de le Compagnie et le règlement de service furent approuvés le 17 septembre 1825 par le Préfet de l'Aisne.

Et ne voilà-t-il pas que le 11 mars 1829, soit quatre ans à peine après l'acquisition de la première pompe, un terrible incendie éclate à Sissonne, dans la rue du Velours, actuelle rue du Général de Gaulle, consumant le tiers des habitations, des bâtiments ruraux, le presbytère et une école.
Les pompiers de Sissonne, et ceux de plusieurs communes voisines, font bravement leur devoir pour se rendre maître du feu.
Aussi, à l'effet de rassurer les habitants contre les nombreux incendies qui les inquiétèrent, le Conseil Municipal vote une subvention exceptionnelle de 3000,.. francs pour venir en aide à 58 familles indigentes qui voudraient remplacer la couverture en chame de leurs maisons par des couverture en ardoise. On leur donne également des arbres appartenant à la Commune pour faire des charpentes.

A l'occasion de la pose de la première pierre de l'Hôtel de Ville actuel, le 13 avril 1856, de grandes festivités ont lieu sur la place. Les sapeurs-pompiersforment la haie et présentent les armes. On ignore qui commandait à l'époque la subdivision des sapeurs-pompiers, et le 5 avril 1860, décède subitement Louis Victorin PENANT, âgé de 86 ans, ancien pharmacien miliatire et ancien commandant de la Compagnie des Sapeurs-Pompiers de Sissonne qu'il avait organisée en 1825.

Le 11 août 1861, le Conseil Municipal vote un crédit de 800,00 francs pour acheter une seconde pompe à incendie et lors de la fête de l'assomption, M. Joseph Liévin LAISNE, maire de Sissonne, passe en revue, place de l'Hôtel-de-Ville, le corps des sapeurs-pompiers qui vient d'être réorganisé et nouvellement habillé. Cela donne lieu à des réjouissances publiques pendant le reste de la journée.

Le 23 août 1863, avait lieu à Laon, place du Bourg, l'inauguration de la statue du maréchal Serurier. La Compagnie de Sissonne, ainsi qu'un grand nombre de sapeurs-pompiers de tout le département, se rendirent à cette manifestation patriotique à laquelle assistèrent plus de 20 000 personnes.

Sous les ordres du lieutenant Irénée GUYOT, les sapeurs-pompiers de Sissonne se distinguent par leur courage et leur activité pendant 18 heures consécutives, à un incendie qui s'était déclaré à Lappion le 8 avril 1865 et au cours duquel 29 maisons d'habitation et 60 bâtiments d'exploitation furent la proie des flammes. Une souscription fut ouverte dans la Commune de Sissonne pour venir en aide aux sinistrés et produisit à l'époque 1 314,60 francs en espèces et 10 049,75 francs en nature.

Avant de ptendre sa retraite, le lieutenant GUYOT reçoit des mains de M. Laisné, maire de Sissonne, la Médaille d'Honneur de 2e classe.
Le maire rappelle à cette occasion les nombreux et utiles services de M. GUYOT au cours de ces 25 années de service et principalement a l'occasion des incendies qui se sont déclarés à Liesse, La Selve, Montaigu, Eppes et Lappion.
Comme on le voit, Sissonne intervenait déjà à l'époque avec ses deux pompes à incendie, comme centre intercommunal.

Le 6 mars 1866, un décret impérial nommait M. Achille GUYOT, lieutenant-commandant de la Subdivision des Sapeurs-Pompiers de Sissonne en remplacement de son père.
Il prête serment devant M. Godefroy, secrétaire général de la Préfecture de l'Aisne, venu à Sissonne, présider le tirage au sort des consvrits du canton de la classe 65.

Le 16 décembre de la même année, M. Laisné, en présence du Conseil Municipal, et devant la compagnie des sapeurs-Pompiers en armes, fait prêter serment, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, à M. Delvincourt, nommé sous-lieutenant par décret impérial du 14 novembre.
Il remplace en cette qualité M. Elie ITASSE, qui se retirait après 27 années d'utiles services dans la compagnie où il était entré comme simple pompier à l'expiration de son congé dans l'armée.
La lignée des "ITASSE" a grandement contribué à l'activité du Corps des Sapeurs-Pompiers puisque le sergent honoraire Henri ITASSE et l'Adjudant honoraire Albert ITASSE ont depuis peu pris une retraite qu'ils ont bien méritée.

Le 29 août 1869, la Compagnie participe au Concours de Pompes qui a lieu à Laon et un crédit de 50 francs est voté pour réparer la deuxième pompe et payer les leçons spéciales d'un officier instructeur !

Peu de faits exceptionnels sont à rapporter depuis cette date où le Corps de Sapeurs-Pompiers participe avec toute son ardeur et son dévouement à l'extinction des incendies qui se déclarent, tant à Sissonne que dans les communes avoisinantes, tel qu'à Chivres en juillet 1870 pour un feu de marais.
On note toutefois la réorganisation du Corps le 12 décembre 1881. L'effectif en est fixé à 42 hommes.

Le 30 janvier 1906, le Conseil Municipal vote à nouveau la réorganisation du Corps, fixe à six francs par an l'indemnité que recevra chaque pompier et décide de procéder à l'achat d'uniformes neufs.

52 hommes ont signé leur engagement ou leur renouvellement le 19 février 1911. Emile PERIES est capitaine, chef de Corps ; Henri FRANCOMME, lieutenant. Et dans la liste nous avons plaisir à relever le nom d'Auguste CLIQUOT, caporal-clairon, àgé à l'époque de 31 ans, et qui est aujourd'hui le vétéran des sapeurs-pompiers de Sissonne.
La même année, M. DEUZA, entrepreneur de transport, signe un marché pour la fourniture d'une voiture et de deux chevaux devant servir aux déplacements de la pompe à incendie en cas de sinistre.

Puis vient la Grande Guerre de 1914-1918, l'occupation de la localité par l'ennemi, l'évacuation de la population à Mauregny-en-Haye peu avant l'armistice.

En août 1919, la Compagnie des Sapeurs-Pompiers, démunie de matériel, n'est pas encore réorganisée. Il est alors décidé de créer un poste de secours avec l'aide de jeunes gens sachant manœuvrer la pompe.

Le 16 janvier 1920, le Conseil Municipal décide d'acheter une pompe aspirante et foulante en remplacement des deux pompes disparues pendant les hostilités et d'acquérir tout le matériel nécessaire au bon fonctionnement du service.
Il nomme une commission composée de M. Henri FRANCOMME, lieutenant ; LANCIEN, GOSSE, FOUAN, VATHELOT, CHAUVANAUD et LAURENT, en vue de la réorganisation de la compagnie, qui intervient en mai 1920.
Le capitaine PERIES, qui lors de la guerre avait quitté Sissonne et n'avait pu y rentrer, envoie sa démission qui est accepté par le Préfet de l'Aisne le 14 août 1920. M.LANCIEN Gaston le remplace à la tête de la Compagnie avec le grade de Lieutenant.

Le Terminus-Grand Hôtel

Ce dernier eut à combattre, le 10 janvier 1921, un grave incendie qui s'était déclaré à l'Hôtel Terminus, édifié sur l'emplacement actuel de M. SOUFFLETM. xxxxx en 2017, place de la Gare, et occupé à l'époque par des réfugiés et des habitants de Sissonne dont les habitations avaient été détruites pendant la guerre. Un procès fut intenté par les consorts MASSIN, propriétaires, contre la commune de Sissonne, pour paiement des dommages en résultant, évalués à 45 527,09 francs, sous prétexte que cet immeuble était occupé avec l'autorisation du Maire. Le tribunalCivil de Laon, dans un jugement rendu en novembre 1924, déclara la commune de Sissonne hors de cause.


Le 12 mars 1921, le lieutenant Henri FRANCOMME, quittant le Corps après 28 années de service, dont 11 avec le grade de lieutenant, est promu capitaine honoraire.

Le 10 avril 1926, la Conseil Municipal décide la réorganisation de la "subdivision" dont le recrutement devient difficile.
Il semble qu'une crise interne couve pendant un certain temps et le 19 septembre 1927, pour mettre un terme aux dissensions, la dissolution du Corps est prononcée.Le lieutenant Gaston LANCIEN essaie de reconstituer une équipe de volontaires succeptible de manœuvrer la pompe et d'entretenir le matériel.Il demande l'achat d'une moto-pompe, ce que le Conseil lui refuse tout d'abord faute de crédits suffisants, et donne sa démission le 24 novembre 1928.

Finalement l'achat de la moto-pompe est décidé le 28 janvier 1930 et la compagnie réorganisée avec un effectif de 27 hommes. Peu à peu l'organisation des services de lutte et de protection contre l'incendie se développe sur le plan départemental.

Par délibération en date du 25 février 1932, le Conseil Municipal admet le principe de l'adhésion de la commune au Service Départemental de Secours contre l'Incendie.

M. Gaston LANCIEN, ayant quitté Sissonne, envoie sa démission et est remplacé, le 1er juin 1934, à la tête du Corps des Sapeurs-Pompiers, par M. René FLEURY
Le 26 août 1934, a lieu à Sissonne, un festival d'arrondissement de Sapeurs-Pompiers. M. Gaston GILLOT, de Bucy-lès-Pierrepont, président de l'Association des Corps de Sapeurs-Pompiers des cantons de Sissonne et de Rozoy-sur-Serre, avec l'aide du lieutenant FLEURY, avait organisé une fête dont ont encore mémoire les habitants de Sissonne.
Un énorme casque de pompier ornait la grosse pompe et l'Hôtel de Ville avait servi aux exercices d'extinction et de sauvetage.

Festival d'arrondissement des Sapeurs-Pompiers 26 août 1934

Le règlement du service départemental d'Incendie est fixé par arrêté préfectoral en date du 31 mai 1938 pour prendre effer au 1er juillet 1938. La commune de Sissonne est désignée comme cCentre Secondaire de Secours et dessert dix communes à l'époque.

Puis survient la guerre de 1939-1945. De nombreux sapeurs-pompiers sont prisonniers de guerre.
Le lieutenant René FLEURY est déporté le 21 mai 1944 au camp de "La Mort Lente" de Hambourg-Neuengamme où il décède le 25 décembre 1944. Ausstôt la guerre finie, le Corps est reconstitué et le lieutenant Louis FRIEDERICH, nommé chef de corps ; son adjoint est le sous-lieutenant André CARLIER.

Le Centre de Secours de Sissonne prend peu à peu de l'importance. Un fourgon normalisé d'incendie lui est attribué par le département, puis par la suite, un camion-citerne.Un puissante sirène est istallée en 1950 sur le campanile de l'Hôtel de Ville. Les essais ont lieu tous les samedis à midi. Dans peu de temps, cette sirène sera reliée à Laon par télécommande et sera déclenchée en cas de mise en &oelig.uvre du plan ORSEC ou en cas de danger atomique.

Un poste d'incendie moderne, indispensable pour abriter les deux véhicules et le matériel, est construit en 1958 entre l'école de garçons et la Salle des Fêtes.

Le centre de secours rue Delattre de Tassigny
Le centre de secours rue Delattre de Tassigny (1984)

Le lieutenant Jacques AVEZ prend la succession de M. Louis FRIEDERICH à la tête du Centre de Secours à la date du 8 novembre 1960 et commande le Corps depuis cette date.

Que dire de plus si ce n'est pour souligner le magnifique Festival Départemental des Sapeurs-Pompiers qui s'est déroulé à Sissonne le 14 juin 1964 et dont la réussite est la récompense des organisateurs.
Les habitants de Sissonne et des environs peuvent compter sur les Sapeurs-Pompiers du Corps de Sissonne car ceux-ci mettent, leur dévouement, leur bonne volonté, et leur savoir au service de leurs compatriotes.

20 communes sont rattachées au Centre de Secours en premier appel, 20 autres le sont en second appel. Aussi, les interventions sans compter les manœuvres et les exercices mensuels, se font de plus en plus nombreuses :

14 en 1963, 25 en 1964, 24 en 1965.

Remise des diplômes aux secouristes le 15 février 1966

La pratique du secourisme se développe et fait partie désormais de l'instruction des sapeurs-pompiers. 31 brevets ont été récemment délivrés à des civils et à des sapeurs-pompiers de Sissonne et des Corps de Boncourt, Dizy-le-Gros, Montaigu et Marchais.


"SAUVER" est la devise de ces hommes couargeux et hardis qui ne font jamais défaut à l'heure du péril.
Et s'ils exposent leur vie pour sauver celle de leurs semblables, ils ne demandent rien en échange que l'honneur d'avoir servi.

Après 1966

En 1987, le centre de secours est transformé en atelier municipal suite à la création du nouveau centre.
Après la construction des nouveaux ateliers municipaux, les locaux servent de débarras.
En 2012, les deux box sont transformés en commerces : Coiffure et Motoculture.

Le nouveau centre de secours.

Le plan

 

Avant la construction
Après la construction
Le centre de secours remplace le train et la gare 
La gare disparait

 

Inauguration du centre de secours le 14 février 1987

Editorial du Dr. François Lesein, Maire

IL ETAIT UNE FOIS ...Il ya bien 400.000 ans, PROMETHEE, l'un des Titans qui combattaient les Dieux, berna JUPITER, le Maître de l'Olympe. Pour se venger, JUPITER décida de ne plus envoyer le feu divin aux hommes. PROMETHEE va alors dérober ce feu divin. MINERVE l'aide à découvrir les forges de VULCAIN, le Dieu du Feu. Trompant les cyclopes gardiens des forges, PROMETHEE s'empare des "semences du feu" et les rapporte aux hommes.
Ce feu, l'homme l'utilise pour se réchauffer, puis pour défendre l'entrée des grottes, cuire ses aliments, durcir ses outils... Il perfectionne ses foyers et, débordé parfois... il invente l'incendie.

AUTREFOIS le feu était le péril majeur, ses ravages étaient importants alors que les moyens de protection étaient limités.

AUJOURD'HUI les techniques de défense contre l'incendie se sont perfectionnées. Pourtant, les feux d'hydrocarbures, les incendies industriels sont encore fréquents et meurtriers. Mais de nouveaux risques sont apparus ; nés avec l'essor de la civilisation industrielle, des périls, autrefois inconnus, menacent la sécurité de l'homme dans le monde actuel : toxiques, explosifs, matériaux de synthèse, combustibles à haute teneur calorifique.
Hélas ! ils peuvent aussi résulter d'une insuffisante maîtrise par l'homme des instruments créés pour le progrès matériel ou l'organisation des loisirs, ainsi qu'en témoigne le nombre élevé des accidents de la circulation.

LES SAPEURS POMPIERS ont su adapter leurs missions et leurs moyens d'action à cette transformation rapide des risques. La lutte contre le feu les expose toujours aux mêmes dangers, mais elle n'est plus leur seule préoccupation. Leur rôle est désormais de porter secours à toutes les victimes d'accidents corporels : asphyxies, noyades, collisions... Ils sont ainsi devenus des spécialistes et des praticiens de la protection civile, dans la fidélité aux valeurs de civisme et de désintéressement qui ont constamment marqué leur action.

A SISSONNE, je mesure pleinement l'ampleur et la diversité des tâches qui vous sont confiées ainsi que la qualité des services que vous rendez. Je connais votre dévouement et votre sens du devoir, je n'ignore pas vos difficultés. Je m'attache à affirmer votre valeur et à vous donner les moyens nécessaires à votre action ; mais cet effort serait sans doute vain, sans vous qui êtes toujours prêts à vous exposer pour sauver les autres.

 

La caserne
Les logements, les bureaux

 

Le nouveau centre de secours rue du Moulin Rouge

 


Les chefs de Corps.


Louis PENANT1814
Victorin PENANT1825
Irénée GUYOT
Achille GUYOT1866
Emile PERIES1911
Gaston LANCIEN1920
René FLEURY1934
Louis FRIEDERICH1945
Jacques AVEZ1960
Michel COTTEREAU
Daniel ASTIER
Frédéric AVEZ
Frédéric ROUAN

Quelques photos de groupes

1937 devant l'Hôtel Terminus
1947
vers 1950
1984
1999

Recherches en archives et Mise en page P.H.


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© Site du Club Informatique Ademir. Dernière modification le 17/03/2017 à 20:03