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Le camp militaire de « Sissonne »

 

Macquigny

La ferme en 1900

La ferme de Macquigny.

- Ferme de la commune de Lappion. Ce domaine appartenait à la commune de Boncourt.

Sans mention de date

- La ferme de Macquigny fait partie des dépendances de la commanderie de Boncourt. Cette ferme est entourée de 298 arpents et 67 verges.

Macquigny

- Toponyme formé d'un anthroponyme germanique suffixé en maco. Référence : Naissance d'une cité : Laon, par Jacky Lusse, page 106 et 108.

1096

- Macqueny, Macheni (cart. De l'abbaye de la Sauve-Majeure, page 159, Bibliothèque de Bordeaux)

1185

- Machenis (archives de l'emp. L.996)

1191

- La ferme de Macquigny est une dépendance de Lappion.

1213

- Grangia de Maquigniaco.

1222

- Grangia de Malcigniaco (cart de l'abbaye de Vauclerc, folio 71 et 72).

1645

- Macquigny est loué 600 livres par an et avait droit à une messe par semaine, dans sa chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste, de vingt pieds carrés et dont l'autel appartenait aux Chevaliers de Boncourt. Le terroir de Macquigny couvre 296 arpents de terre.

1709

- Maquigny (Intend. De Soissons, C 274).
1755 : Carte de Cassini. La ferme de Macquigny apparaît avec son appellation définitive
04 JUILLET 1759 : Décès de Charles BLATIER, garçon berger âgé de 14 ans environs, natif de la ferme de Macquigny. Fils de Pierre, berger et neveu de François et Louis CHARBONNEE, bergers à Lappion. Témoin Jean FOSSIER, laboureur fermier de la ferme de Macquigny…

1775

- Fossier, fermier à Maquigny, dépendance de la seigneurie de Boncourt (Ordre de Malte).

 

09 juin 1790

- Par bail devant le notaire de crécy, le domaine est affermé par Pierre COCHON, fermier, pour neuf années avec une redevance de 700 livres et deux chapons gras dont le premier paiement s'est effectué le 11 novembre 1791.

17 DECEMBRE 1792

Soumission de 13.000 livres de la part de Pierre COCHON, en vue de l’acquisition de la ferme tombée dans le « Domaine National », adressée à la commune de Lappion.

Acquisition par Pierre COCHON, fermier à Lappion de la ferme de Macquigny.


1880

- La ferme de Macquigny avait une chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste, appartenant aux chevaliers hospitaliers de la commanderie de Boncourt. Cette chapelle n'existe plus comme chapelle ; c'est une remise pour les voitures de la ferme.

- Présence d'animaux carnivores. Le renard vit dans les garennes, où il se nourrit de gibier. Il s'approche parfois des fermes avoisinant le terroir. Il enlève les volailles qui s'écartent un peu trop. A la ferme de Macquigny, on évalue à une cinquantaine le nombre des poules enlevées annuellement par les renards, qui, dit-on, imitent le chant du coq, pour attirer leur proie à leur portée.

30 JANVIER 1892

- Bail de location pour la ferme de Macquigny par Marie Céleste RENARD. - La ferme de Macquigny, qui fait déjà partie d'un plan d'ensemble pour la création du futur camp militaire de Sissonne, a un statut un peu particulier. L'essentiel de cette particularité consiste dans l'incertitude de procéder à la récolte des semailles. En effet certaines parties des terres cultivables sont situées près des zones de réceptacle des tirs d'artillerie. De ce fait pendant les exercices de tir, on ne peut accéder aux champs pour effectuer la mise en culture, les semailles ou les récoltes. Les travaux doivent se faire avant ou après les tirs. Une indemnité compensatoire est versée par l'état, si la récolte n'est pas à la hauteur par suite d'un retard occasionné par une interdiction d'approcher les zones de réceptacle des tirs d'artillerie pour effectuer les travaux agricoles. L'indemnité s'apprécie sur la quantité et sur la qualité. L'expert et le contre-expert sont convoqués.
La ferme couvre une superficie de 140 hectares environ et appartient à deux propriétaires. Le bétail se compose ainsi : 12 chevaux, 20 vaches et 250 moutons.
- Si le travail de la ferme donne les meilleurs résultats, les démarches administratives sont très présentes. Chaque année il faut faire l'inventaire des pertes occasionnées par l'impossibilité de faire les récoltes au moment propice de certaines terres de la ferme. Il faut souvent faire appel à un expert. Pour ces calculs d'indemnisation, le contre-expert doit rectifier parfois très fortement... Ainsi pour les tirs de 1896 et 1897 les indemnités s'élèvent à la somme de 2.070,85 Francs. Ensuite il faut attendre le long cheminement du dossier, avant d'être payé.

MACQUIGNY. C'EST FINI... - C'est le tour des terres de la ferme de Macquigny de subir l'expropriation pour constituer le camp militaire de Sissonne.

23 DECEMBRE 1897

- Achat du corps de ferme de Macquigny (60 ha). Refusé.

27 JANVIER 1898

- Procès verbal d'expertise du 27 janvier 1898.
- Circulation interdite dans une étendue de 95 hectares, dépendant de l'exploitation de Madame Renard, entraves dans les travaux à l'époque de la moisson et des labours. Madame Renard, locataire de la ferme de Macquigny En 1896 : vingt jours d'interdiction sur les 2/3 de l'exploitation. Il y avait 12 chevaux à la ferme d'où perte d'avoine, de luzerne, achat de nourriture pour 250 moutons et 20 vaches. Treize hectares de sainfoin dans la zone dangereuse n'ont pu être récoltés à temps et deux cent cinquante kilogrammes de luzerne perdus, à cause des pluies, pendant l'interdiction. - En 1897 : 14 jours d'interdiction.

03 FEVRIER 1898

- Indemnités à madame Veuve Renard, pour préjudice porté par les tirs du camp de Sissonne en 1896 et 1897, dans son exploitation de Macquigny. Accord pour une indemnité de 2071 francs.

20 JUILLET 1898

- Rapport du L/C L'HUILLER, directeur du Génie.
- L'intérêt de l'Etat est d'en finir  au plus tôt avec cette réclamation d'une indemnité due à la Veuve RENARD, locataire de la ferme de Macquigny (enclave du champ de manoeuvres et de tir de Sissonne) que le directeur recommande à l'attention de l'autorité ministérielle.
- Pour que les acquisitions projetées en vue de l'extension du Camp de tir de Sissonne soient réalisées dans des conditions avantageuses, il importe que l'Etat traite à l'amiable avec le plus grand nombre possible de propriétaires.
- Cette note du Chef du Génie de Laon rappelle les antécédents de la question qui date de 1896 et a trait au règlement des dommages causés par le tir sur les terrains de la veuve RENARD en 1896 et 1897.
- Indemnité fixée par les experts, d'un commun accord à 2070 francs 75 et les frais d'expertise 183 francs 60.
Depuis cette époque, le Ministre n'a pas fait connaître sa décision.

22 JUILLET 1898

- Lettre du Chef de bataillon MAINQUET, chef du génie à Laon.
- L'intéressée est naturellement fort mécontente. Ce retard est d'autant plus regrettable que plus de la moitié des 90 ha environ de la ferme de Macquigny, objet de la réclamation RENARD, doit être acquise par l'état pour l'extension décidée du camp de Sissonne (demande de décret d'utilité publique transmise le 8 juin dernier).
- La conclusion de traités amiables en général, l'intérêt bien entendu de l'Etat est d'en finir au plus tôt avec cette réclamation.
- Toute tentative de traité amiable avec la Veuve RENARD est par suite entravée et comme le fait est connu dans tout le pays, c'est une gêne considérable.

24 octobre 1898

- Enfin le jugement est prononcé, il va falloir partir.
Suivant jugement du 24 octobre 1898 les sommes suivantes ont été consignées relativement aux deux affaires de Mme Veuve RENARD :
1° comme locataire de Mr Laurent LENICE 150 Francs
2° comme locataire de Mr CARDENIER 13.585,61 Francs.
- Le Chef du Génie aura cru bon d'appeler l'attention de sa hiérarchie sur le cas de Madame veuve RENARD, qui est "le seul fermier indemnisé" par le jury, tous les autres fermiers l'ayant été à la suite de conventions amiables.

27 DECEMBRE 1898

- Nouveau jugement qui fixe la date de reprise de la ferme par le service des Domaines.

20 JANVIER 1899

- Un rapport est établi sur le règlement des indemnités. Le jury d'expropriation réuni à la suite du jugement du 3 Septembre 1898 a accordé à Madame Veuve RENARD, cultivatrice à Macquigny, prés de Sissonne :
1° Une indemnité de 900 Francs comme locataire de Laurent LENICE
2° Une indemnité de 18.100 Francs comme locataire de Mr CAEDENIER.

3 NOVEMBRE 1899

Référence AD02, art 3, pièce n° 2213.La ferme au carrefour de la route de Sissonne à la Selve et à gauche, quelques cultures en jaune
La ferme se trouve dans le camp militaire de Sissonne

26 MARS 1913

Résiliation droit de pacage à monsieur COCHON Laurent, ferme de Macquigny, cette ferme va être acquise, et il va quitter Sissonne.

30 MAI 1914

AD02, 3 J 53, pièce n° 3406. Frais de remise en état de la ferme de Macquigny. 2900 francs, dont 600 francs pour nettoyage du puits et réparation de la pompe. Devis détaillé : bâtiment principal, cave, écurie, petite écurie, étables, bergeries, bûcher, grange, poulailler, buanderie, hangar, puits.

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17 OCTOBRE 1918

Ordre de la 6e Division d'Infanterie. Confirmation d'instruction verbale donnée. En exécution de l'ordre téléphonique à 12H30 par le général, commandant le 3e Corps d'Armée, le colonel commandant l'artillerie divisionnaire fera procéder le 18 octobre à l'exécution de deux brèches dans les organisations du bois des Vuides Granges et à la destruction de la ferme de Macquigny. Les tirs devront être terminés le 18 dans la soirée.

Dessin d'un soldat allemand pendant la guerre 1914-1918

18 OCTOBRE 1918

destruction de la ferme de Macquigny par l'artillerie française.

19 OCTOBRE 1918

Présence de trois sépultures françaises à la ferme de Macquigny.
Tombe 1- Français inconnu de la 3e ou 8e compagnie du 119e Régiment d'Infanterie.
Tombe 2- Léon Octave DUCHAMP classe 1904, Tours 590, 119e Régiment d'Infanterie, 3e compagnie. La fiche «Mémoire des Hommes» le déclare mort à Nizy-le-Comte le 19 octobre 1918. Il repose dans la Nécropole Nationale "PONTAVERT", tombe individuelle n° 194.
Tombe 3- Henri, Charles, Alphonse, QUENAULT classe 1911, 119e Régiment d'Infanterie, mitrailleur, plaque identité partiellement lisible, petite chaînette en cuivre. La fiche «Mémoire des Hommes» le déclare mort à Sissonne le 19 octobre 1918. Il repose dans la Nécropole Nationale "PONTAVERT", Tombe individuelle n° 189.
Ces trois sépultures provisoires seront relevées le 7 mars 1921 pour une deuxième inhumation dans la nécropole temporaire de Sissonne sous les n° 251, 252 et 253 en attendant d'être transférées définitivement dans la Nécropole Nationale de Pontavert (Aisne-02).

10 JANVIER 1919

AD02, 3 J 53, Liasse 3454. Certains dépôts ennemis sont à l'abandon, celui de la ferme de Macquigny va être transporté au camp de Sissonne par les soins du détachement chargé des travaux du camp. Demande trois cents prisonniers de guerre, en plus de la compagnie de prisonniers de guerre déjà demandée pour Sissonne.

12 MAI 1921

AD02, 3 J 56, Liasse 3949. La coopérative de reconstruction de Nizy-le-Comte et la Société centrale de travaux publics demandent l'autorisation d'exploiter des carrières dans le camp de Sissonne. En ce qui concerne les ruines de Macquigny, il parait utile de les conserver comme repères pour les tirs d'artillerie et le cas échéant pour l'instruction de l'infanterie. Le Génie refuse leur exploitation.

Entre 1970 et 1980

- De grands arbres bordent la route, aussi à gauche qu’à droite de la route D60. - Dans le but d’éliminer ces arbres forts anciens il est prévu de monter un exercice d’abattit, c’est-à-dire l’abattage par explosif. L’exercice ne fut pas concluant, ces arbres étant déjà très malades et plus moins creux, ils ne répondirent pas aux attentes de la manœuvre.

Et maintenant

- De la ferme ne subsistent, comme à Jeofrécourt, que quelques arbres fruitiers retournés à la vie sauvage. Aucune trace de structure.
État actuel de la ferme de Macquigny.

 

 


Recherches : JF MARTIN - M BERRIOT

Mise en page : PH

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