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Le« Canton de Sissonne »

La Selve

Les habitants de La Selve sont des "La Selvois, La Selvoises"

La Selve dans le canton
La Selve
Code postal 02150
Code Insee 02705
Habitants 190
Superficie (ha) 477
Densité (Hab/km2) 39
Altitude de 84 à 117 m
Longitude 3°59'53"
Latitude 49°34'15"
Mairie : Tel. 03.23.80.86.74
Adresse Mel  
Site  
Maire Francis Ferret
Nombre de conseillers  

PRESENTATION de LA SELVE par Jean-François Martin

Village situé à 5 kilomètres à l'est de Sissonne, chef-lieu de Canton. D'une superficie de 477 hectares, dont il ne reste réellement que 266 hectares, suite à l'expropriation par le camp militaire.
200 habitants l'hiver, pas plus l'été.

Présence historique :

Pas de vestiges sur La Selve.
Découverte de quelques haches polies à l'époque où l'agriculture était moins agressive et où les gens travaillaient à pied dans les champs. La création du village semble s'être faite au XIIe siècle, sur la base d'un carrefour, au bord d'une ancienne voie romaine secondaire.
L'évolution du village se fait en deux phases :
- De sa création à 1800, on trouve des maisons en torchis ou pierre, couvertes la plus part en chaume. Ce type de construction est dû à l'emploi des matières premières locales (bois, carrières, cultures).
- Après 1820, c'est-à-dire après le passage des troupes prussiennes, le village est reconstruit en dur et couvert en ardoises, le chaume étant un grand vecteur de propagation d'incendie (exemple = 65 maisons brûlées en 1817).

Les guerres :

Le monument aux morts porte onze noms de soldats morts dans les combats de la Somme et du Pas-de-Calais, dans les plaines de Champagne et aussi sur le chemin des Dames. Deux soldats de la commune seront prisonniers en Allemagne. Pour les plus chanceux le retour se fera avec les honneurs, mais aussi souvent les blessures.
La Selve fut occupée, dès septembre 1914, pour quatre longues années de restrictions et de cohabitation avec d'une part des réfugiés venus de Craonne évacué en 1914 et d'autre part de nombreuses troupes allemandes, l'axe routier étant celui des ravitaillements du front. La délivrance de La Selve commence en octobre 1918, pour être effective le 5 novembre 1918 au matin, après le repli des troupes allemandes vers l'est. Les combats laisseront plus de 500 morts, aussi bien français qu'allemands. Le village sera détruit à 70 %, surtout par l'artillerie française, lors des tirs de préparation d'offensives. Le village est reconstruit à l'identique grâce au remboursement des dommages de guerre. La chapelle, très abîmée, sera reconstruite en église de 300 places. Le village se verra attribué la croix de guerre avec palme pour les malheurs endurés.
En ce qui concerne la guerre 1939-1945, le village semble avoir été épargné, mais les habitants subiront l'exode avec tout son cortège de malheur.

Le commandant Huon.

Les grands personnages :

On peut citer le commandant Huon qui fera une belle carrière belle militaire au début du siècle, de 1881 à 1920. Le hasard des campagnes l'emmènera en Afrique du Nord : Tunisie, Algérie et Maroc, mais aussi en Chine et au Tonkin. Il terminera sa carrière après avoir participé à la guerre 1914-1918, où il sera nommé commandant en 1916. Décoré de la Légion d'Honneur, de la croix de guerre avec palme, du mérite agricole, de l'ordre du Nicham Iftikar .
Il est inhumé dans le cimetière de La Selve.

L'emploi :

L'activité principale sera longtemps l'agriculture qui employa une grande main-d'oeuvre.
Dans les années 1950, une partie de la population commence à se tourner vers des emplois de personnels civils sur le camp. Ensuite dans les années 1960, la création de l'usine de Sissonne offrira des embauches aux habitants de la commune. Actuellement il ne reste plus guère que le camp de Sissonne pour générer de l'emploi local, les habitants se tournent vers Laon ou Reims pour travailler. L'agriculture locale a du mal à embaucher.
Le paysage agricole de La Selve est constitué de petites parcelles agrémentées de moulins jusqu'en 1918. Les remembrements transformeront en grandes parcelles ces petits lopins de terre, pour une culture plus mécanisée.

Voici, en quelques mots, une présentation du village de La Selve.

Histoire du village :

LA SELVE, Silva.

Village de l'ancien Laonnois, situé dans une plaine sablonneuse, à 30 k. à l'est de Laon, autrefois de l'intendance de Soissons, des bailliage, élection et diocèse de Laon, aujourd'hui du canton de Sissonne, arrond. de Laon, diocèse de Soissonns.

Patronne, Notre-Dame.
Culture en 1760, 20 charrues.
Population : 1760, 346 h. (77 feux) ; 1800, 339 h. ; 1818, 359 h. ; 1836, 428 h. ; 1856, 380 h.

Les petits bois qui entourent ce village sont les débris d'une ancienne forêt qui, au 12e siècle, s'étendait sur son terroir ; de là dérive son nom Silva, forêt.

Seigneurs de La Selve :

1257 Gérard, chev. de La Selve, fils de Gautier de Sissonne.
Le domaine de La Selve paraît être entré peu après dans les mains des comtes de Roucy, si déjà il ne leur appartenait pas, et ils l'ont gardé jusqu'à la révolution.


Source : Dictionnaire Historique Généalogique et Géographique du département de l'Aisne par MELLEVILLE (1857)

Données extraites de l'Annuaire Paul DOUAI de Laon de 1932 :

LA SELVE, canton de Sissonne ; 217 habit. ; 78 élect. ; à 8 k. de Sissonne ; à 28 k. de Laon ;téléphone, chemin de fer de Sissonne, à 8 kil. ; Fête communale : le dernier dimanche de septembre.


Maire Tourneux Félix Adjoint Tailleur Eugène Conseillers Municipaux Rény J., Tailleur, Varoqueaux, Malhomme A., Grégoire E., Ducrot, Boron Alp., Boron Alb., Venant P.
Instituteur Berdal L. Curé Mignon Garde-champêtre Brébant F.
Sapeurs-pompiers (23) Boron Albert, sous-lieutenant U.N.C Tourneux F., président ; Tailleur E., trésorier Cafés Malhomme-Lemaine, Frappart-Caretti
Cultivateurs Boron-Fay, Boron-Fouan, Carré, Bricout, Cottereaux-Duchêne, J. Genteur, Dhu, Ducrot, Fouan, Venant P., Genteur FR., Germain, Gosset, Carré, Jarot, Malhomme, D'Hose F., Tourneux, Rény-Genteur, Trochain-Vassogne, Venant-Delemme, Venant P. Epiciers Malhomme-Lemaire, Frappart-Caretti Maçons Pittre, Malhomme Ch., Cottereaux E., Cottereaux D., Berdin
Maréchal Charpentier Menuisier, peintre, vitrier Prétrot Tabac Malhomme-Lemaire

Données extraites de "L'annuaire officiel des abonnés aux téléphones 1951"

Abonnés au téléphone 1951 :

 1 Cryns, éleveur
 3 Maire
 2 Pottelain


La Selve : téléphones 1951

Coups de projecteur sur le passé

L'Union, samedi 13 novembre 2010

L'éloge du maire à l'historien local, Jean-François Martin.

Jean-François Martin

La salle polyvalente a vu, toute la journée du jeudi 11 Novembre, des moments forts dans la mesure où des La Selvois mais, aussi, des amateurs d'histoire sont venus se ressourcer.

Comme l'a souligné, Alain Lorain, maire du village, lors de l'inauguration de cette manifestation culturelle, chacun a pu trouver en ce lieu, des coups de projecteur sur le passé, devant des témoignages exprimés, notamment sur le destin funeste de 11 habitants du lieu, tués entre 1914 et 1918 dont les noms figurent sur le monument aux morts local, inauguré le 8 mai 1927 : « On doit chercher dans le passé ce qui brille afin de donner au présent de l'éclat, si l'on ne veut pas obscurcir l'avenir ».

Chaque combattant était l'objet de l'illustration de son parcours personnel dans cette Grande Guerre et du coup d'arrêt brutal qui l'a frappé, moment figurant sur une page de son livret militaire : « Un événement en antithèse par rapport la société de consommation, l'épicurisme ambiant, le monde des ordinateurs... » Cet éloge de reconnaissance d'Alain Lorain s'adressait à l'historien local, Jean-François Martin, auteur de cette riche exposition, rehaussée par la présentation d'objets et d'armement sortis de ce conflit et marqués par le temps.

Cette exposition était la petite partie visible d'un iceberg, un travail patient et passionné, dans les archives communales, départementales, diocésaines, nationales, ou via l'Internet, sur des sites institutionnels..., avec une collecte minutieuse de nombreux documents illustrant la mémoire collective, pour aboutir, au final, à un véritable monument d'histoire partagée, couché sur du papier glacé, un ouvrage intitulé tout simplement « La Selve Aisne ». Respect pour ce miroir du passé, pour cette étonnante compilation d'une incroyable richesse, parfaitement illustrée, nourrie d'exemples datés, dépassant les limites du village de La Selve, dans une spirale mouvementée, en perpétuelle mutation. 340 pages où fourmillent mille et une anecdotes, des fonds de la préhistoire jusqu'à notre période contemporaine, avec les temps forts des deux guerres mondiales, mais également des passages intéressants lors des épisodes de paix, en passant par l'église, le patrimoine bâti, les écoles, les grands et petits événements... qui ont émaillé le temps et le passé des La Selvois.

On comprend que ce travail ait pu demander à 20 ans à Jean-François Martin, qui a découvert La Selve lors d'une première affectation comme militaire au camp national de Sissonne et qui a épousé, en 1973, une La Selvoise, Annette Caustroit... et en même temps son village d'adoption : « Ma passion pour l'archéologie me laisse libre, les périodes hivernales, où je me consacre à découvrir mon lieu de résidence afin de faire partager des richesses parfois ignorées, dans un village où l'on pense qu'il ne s'y passe rien, ou qu'il ne s'y est jamais rien passé ». Ces 340 pages et les centaines de photos ou documents inédits prouvent bien le contraire et incitent que l'on se plonge, durant de longues heures agréables de lecture et de contemplations, dans les fonds de cette communauté villageoise de l'Aisne, située à la limite des Ardennes et de la Marne, et née au XIIe siècle, sur la route de nombreuses invasions.

Référence : « La Selve, Aisne », Jean-François Martin (en vente, 18 euros).


Mise en page : Marc BERRIOT


Quelques cartes postales
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© Site du Club Informatique Ademir. Dernière modification le 19/03/2013 à 10:55