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Novembre 2010, Coucy-lès-Eppes : 30 T d'obus à évacuer

Un village évacué après la découverte d'obus de 1914-1918

Le village de Coucy-sur-Eppes (Aisne) va être en partie évacué la semaine prochaine après la découverte d'un dépôt d'obus allemands datant de la Première Guerre mondiale et recelant 30 tonnes d'explosifs, annonce la préfecture.

La découverte a été faite lors de travaux de terrassement par un habitant de cette commune de 582 habitants. Un périmètre de sécurité englobant une grande partie de cette commune a été délimité.

"Les personnes résidant ou travaillant dans ce périmètre de sécurité devront quitter cette zone entre 7h30 et 16h30 du lundi 22 au vendredi 26 novembre 2010, temps nécessaire à la manipulation des obus par les démineurs et à leur évacuation", dit le préfet dans un communiqué.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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Un village de l'Aisne évacué après la découverte de 30 tonnes d'obus

RTL 21/11/2010 - 18h22

En bref - L'essentiel de l'info
Les habitants de Coucy-sur-Eppes (Aisne) vont être en partie évacués pendant une semaine à partir du 22 novembre, après la mise au jour dans le jardin d'une maison, d'un dépôt de trente tonnes d'obus allemands datant de la première guerre mondiale, a-t-on appris mardi par la préfecture. La découverte des obus a eu lieu fin septembre alors qu'un habitant de la commune rurale effectuait des travaux de terrassement dans son jardin.

Ecoutez !

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COUCY-SUR-EPPES (02) Le village sera évacué après la découverte de 30 tonnes d'obus

Le Courrier Picard
Mardi 09 Novembre 2010, mis à jour à 16h20

Les habitants de Coucy-sur-Eppes (Aisne) vont être en partie évacués pendant une semaine à partir du 22 novembre, après la mise au jour dans le jardin d'une maison, d'un dépôt de trente tonnes d'obus allemands datant de la première guerre mondiale.

La découverte des obus a eu lieu fin septembre alors qu'un habitant de la commune rurale effectuait des travaux de terrassement dans son jardin.

L'expertise des démineurs de la sécurité civile de Laon a révélé la présence d'environ trente tonnes d'obus non chimiques sur une surface de 16 mètres de long sur 1,5 mètre de large, a-t-on précisé à la préfecture.

Un périmètre de sécurité de plus de 500 mètres englobant une grande partie de cette commune de 582 habitants a été délimité pour faciliter le travail des démineurs et l'évacuation des obus.

Selon la préfecture, les personnes résidant ou travaillant dans ce périmètre de sécurité devront quitter cette zone entre 07H30 et 16H30 du lundi 22 au vendredi 26 novembre.

Les élèves de l'école maternelle de la commune seront pris en charge dans un collège d'une ville proche.

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30 tonnes d'obus découvertes

Publié le mardi 09 novembre 2010 à 09H01

Cinq jours seront nécessaires pour neutraliser les obus.

COUCY-LES-EPPES (Aisne). C'est sans nul doute la plus grosse découverte d'explosifs de ces dernières années dans l'Aisne. En jardinant, un habitant de Coucy-lès-Eppes est tombé sur un dépôt d'obus allemand.

DISPOSITIF hors-norme pour une découverte qui l'est tout autant. Les démineurs vont devoir gérer au cours de cette seule intervention, l'évacuation et la destruction de ce qu'ils gèrent habituellement en un an. Le point sur la situation avec Myriam Garcia, sous-préfète et directeur de cabinet du préfet de l'Aisne.

Comment la découverte s'est-elle faite ?

« Fin septembre, un habitant de Coucy-lès-Eppes (582 habitants) a creusé dans son jardin, à la limite de sa propriété et a découvert quelques obus. Il n'a pas creusé très profondément mais comme sa propriété est située un peu à l'écart, c'est sans doute la raison qui fait qu'on n'avait rien découvert avant.
Comme pour toute découverte, les démineurs de la sécurité civile de Laon sont intervenus sur le site. Une expertise a été réalisée, le terrain a été sondé ce qui a révélé la présence d'un nombre important d'obus. Au total, 30 tonnes d'obus sont enfouis à cet endroit. Il s'agit d'un dépôt d'obus d'artillerie allemand, datant de la Première Guerre mondiale. Certains obus sont percutés. Il semble que ce soit des obus explosifs et non chimiques mais nous n'avons pas la certitude. En tout cas, on n'avait absolument pas connaissance d'une telle présence dans cette zone. »

Quel est le dispositif prévu pour le déminage ?

« Le plan a été validé par le ministère de l'Intérieur. Compte tenu de la dangerosité potentielle de ce dépôt, un périmètre de sécurité va être mis en place pour l'évacuation de ces munitions et leur destruction. Il s'agit d'un périmètre de 540 mètres autour du dépôt. La commune de Coucy-lès-Eppes sera ainsi en partie évacuée. L'opération est prévue du lundi 22 au vendredi 26 novembre. Les personnes résidant ou travaillant dans ce périmètre de sécurité devront quitter la zone, entre 7 h 30 et 16 h 30. Il sera possible aux habitants de regagner leur domicile après ce créneau horaire.
Le maire a été reçu par le préfet la semaine dernière. Vendredi, il a réuni le conseil municipal. L'ensemble des habitants de la commune ont été prévenus par courrier. Le maire, Joël Cabon, est chargé de procéder au recensement de toutes les situations particulières. Dans le périmètre à évacuer, il y a la mairie, une boulangerie, un café, un centre technique agricole. Pour l'école, nous essayons de trouver une solution. Le boulanger a déjà assuré qu'il fournirait en pain ses dépôts uniquement mais pas la commune. On va gérer au cas par cas. Nous souhaitons causer le moins de désagrément possible à la population mais la priorité est de garantir la sécurité de chacun. »

Aurélie BEAUSSART
abeaussart@journal-lunion.fr

Pour vos questions, un seul numéro :
Afin de répondre aux questions que se poseraient les habitants, la préfecture de l'Aisne met à leur disposition un numéro d'information gratuit : 0811 000 602.
Opérationnel de 9 à 19 heures, ce numéro vise «à informer et recueillir les informations particulières des populations devant quitter leur domicile ou leur activité professionnelle», précise le service communication de la préfecture.

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Vidéo ajoutée FR3 10-11-2010 17:06:31

Un habitant de Coucy-les-Eppes, dans l'Aisne, a découvert près de 30 tonnes d'obus sur le chantier de sa future maison.

Une trouvaille qui va nécessiter l'évacution de la quasi totalité du village durant 5 jours à compter du 22 novembre prochain. Les obus explosifs proviendraient d'un dépôt de munitions allemand datant de la première guerre mondiale. La quantité mise au jour correspond à une année entière de découvertes de munitions dans le département de l'Aisne.

Regardez !

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Le village assis sur une bombe

Publié le mercredi 10 novembre 2010 à 10H37

Les gendarmes multiplient les rondes autour du stock indésirable. Les obus empilés sont délimités par les bandes de protection.Photo Jean-Marie CHAMPAGNE

COUCY-LES-EPPES (Aisne). Hier, le village s'est réveillé avec 30 tonnes d'obus à ses pieds. Les deux tiers de la population se préparent à vivre cinq jours d'évacuation et de déminage.

«Le secret a été bien gardé durant deux mois et je ne vous le cache pas c'est tant mieux. Depuis que la nouvelle se sait, nous sommes débordés.» Hier, le portable de Joël Cabon, maire de Coucy-lès-Eppes, n'a pas arrêté de sonner. Depuis lundi, avec les membres du conseil municipal, il fait le tour de tous les foyers de la commune. Du porte-à-porte pour recenser les problèmes à régler en un temps record. «Cette semaine, on énumère les soucis. La semaine prochaine, on les règle en lien avec la préfecture, ensuite, place au déminage !»
Une pièce de la mairie est consacrée à la plus grosse découverte d'explosifs jamais faite dans la commune. Des pochettes de couleurs s'empilent sur une petite table. Dessus, le nom d'une des rues comprises dans les 540 mètres du périmètre de sécurité établi par les spécialistes du déminage.
À l'intérieur, des fiches qui doivent être dûment remplies. Les pochettes sont encore loin d'être pleines. «Il faut parfois passer plusieurs fois au même domicile pour toucher les habitants. Les gens travaillent, sortent. Pourtant, il faut arriver à les sensibiliser rapidement et obligatoirement avant la fin de la semaine.»
Deux tiers des 582 habitants sont concernés par l'évacuation partielle, soit un peu plus de 170 ménages. «Pour les gens qui travaillent, l'évacuation en journée ne va pas poser de problème. C'est surtout pour les personnes âgées à mobilité réduite que l'on est le plus préoccupés.» Cela concerne une quinzaine de personnes.
La mairie et la salle des fêtes étant inclus dans le périmètre de sécurité, il faudra trouver un lieu de repli pour tous à l'extérieur de la commune. Une solution est envisagée, mais pas encore définitive. «Le maire de Sissonne a compris notre situation délicate», précise simplement Joël Cabon. Le dispositif d'évacuation, «englobe tout le haut de la commune. En gros, toute la partie après le passage à niveau n'est pas concernée, ni les entreprises, ni la coopération agricole. La mairie ouvrira chaque jour après 16 h 30 au cas où les habitants auraient besoin de quelque chose. L'agence postale sera fermée. J'espère que le courrier sera distribué, je n'en ai pas la certitude.» Coucy-lès-Eppes va ressembler à un village mort durant cinq jours.

Ancienne ligne ferroviaire

En mairie, la présence d'un tel dépôt explosif n'était pas connue, alors Joël Caron a mené sa petite enquête auprès des anciens du village. Il livre un pan d'histoire retrouvé : « Une petite ligne ferroviaire se trouvait à cet endroit. Une seule voie. La ligne passait par Festieux et amenait droit au front. Du village, le Chemin des Dames n'est pas loin.» Hier matin, la sous-préfète, Myriam Garcia, est venue s'assurer que les choses avançaient dans les délais impartis. «Le numéro vert mis en place fonctionne bien. Les gens expliquent leur situation. Ils sont rappelés. Il y a, par exemple, cette femme qui garde des enfants chez elle. On essaye de régler les problèmes au fur et à mesure qu'ils se présentent.»
Depuis que l'annonce de l'exceptionnelle découverte est connue du grand public, les gendarmes multiplient les rondes à proximité du stock d'obus où une fine couche de terre suffit à le dissimuler. Ce que redoutent par-dessus tout les gendarmes de Liesse, c'est le comportement, parfois inconscient, des collectionneurs, prêts à encourir de gros risques pour obtenir un type d'obus très convoité.

Aurélie Beaussart

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Les clés du dossier

Publié le mercredi 10 novembre 2010 à 10H39

Les obus. On parle de 30 tonnes d'obus, soit « 1 652 obus de différentes tailles : 10 mm, 15 mm et 21 mm. À titre de comparaison, un seul obus de 21 mm pèse à lui seul 182 kg », renseigne la sous-préfète Myriam Garcia. Ils ont été retrouvés sur un chantier de construction d'une maison, non loin de l'école primaire. « Ils étaient posés verticalement, les uns à côté des autres, la tête en l'air, sur 16 m x 1,5 m, à 80 centimètres de profondeur, explique un des ouvriers du chantier. Quand la grue a déterré les premiers et qu'ensuite, les démineurs ont mis au jour le reste, je peux vous dire : ça fout tous simplement la trouille ! »

Les précédents. Avril 2001 : à Vimy dans le Pas-de-Calais, un rapport d'expertise du 9 avril alerte sur l'état préoccupant du stock d'obus chimiques de la ville. 12 500 personnes sont évacuées du 13 au 20 avril. Le plan d'évacuation englobe sept communes à divers degrés. Il s'agit de transférer 55 tonnes de munitions chimiques réfrigérées (3 200 obus) en camions blindés vers le camp de Suippes (Marne).

En juin 2001, autre grosse découverte d'explosifs, cette fois à Châtelet-sur-Retourne dans les Ardennes : 900 obus (170 tonnes). Du 4 au 13 juin, le village est entièrement évacué.

Un temps propice. « Nous devions agir avant la fin du mois, certifie la sous-préfète de Laon. Après, il aurait été trop tard, l'extraction n'aurait pas été possible. On ne peut pas opérer une fois le sol gelé. Nous réunissons actuellement les meilleures conditions climatiques. »

Un transport journalier sécurisé à Sissonne et Suippe. Au total, 26 démineurs seront mobilisés pendant cinq jours. « Les obus seront évacués, chaque jour, dès 16 h 30, par des convois sécurisés en direction des camps de Sissonne, mais aussi de Suippe dans la Marne, précise la sous-préfète. Ces deux camps ont été choisis parce qu'ils sont en capacité de détruire immédiatement les obus dès leur réception. »

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Le propriétaire n'est pas inquiet : «Ces obus datent de 1915»

Publié le mercredi 10 novembre 2010 à 10H41

Il souhaite garder l'anonymat. Pas de photo ni de nom cité dans le journal. Il revient sur cette énorme découverte : « On était déjà tombé sur un ou deux obus vides. C'est assez normal dans la région où nous nous trouvons (J'ai travaillé sur la déviation d'Urcel/Chavignon, à l'époque, les démineurs ont géré la découverte de 15 tonnes d'obus). Le 25 septembre, il s'agissait de faire le terrassement pour la descente du garage de ma maison qui est en cours de construction. La pelleteuse est tombée sur un obus, puis sur un autre. On a creusé à côté sur 1, 50 mètre. Il y en avait partout et au bout de 3 mètres, on a arrêté là. Je ne suis pas inquiet, vous savez les obus sont là depuis 95 ans. Sur la tête des obus, il y a une date inscrite : 1915. Les démineurs sont restés une après-midi pour sonder les alentours, il n'y a que ce tas. Cette découverte est surtout embêtante puisque les travaux de ma maison vont être arrêtés une semaine. »

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Quelle solution pour les 67 écoliers ?

Publié le mercredi 10 novembre 2010 à 10H42

« Les bombes ? C'est l'attraction du village. »

A la sortie de l'école, hier midi, les parents n'étaient pas plus avancés. Ils ne connaissaient toujours pas le sort réservé à leur progéniture, au cours de la semaine de déminage. « On les amènera à l'école. Des bus les prendront en charge, sans doute pour les amener à Sissonne, on ne sait pas encore. »
Claude, père de trois enfants, questionne son plus grand. Adrien, fronce les sourcils. Il se concentre : « Oui, la maîtresse nous a dit qu'à côté de l'école, beaucoup d'obus ont été trouvés dans le jardin. C'est pour ça que l'on doit quitter l'école. C'est tout. » Claude n'est pas inquiet. « Notre maison est hors du dispositif de sécurité. Du coup, on va prendre la belle-mère toute cette semaine-là. Cette découverte amène de l'animation dans la commune. C'est l'attraction du village ! »
Hier, en déplacement sur Coucy-lès-Eppes afin de s'assurer que le dispositif avançait correctement, Myriam Garcia, sous-préfète et directeur de cabinet du préfet de l'Aisne, Pierre Bayle, a adressé un message aux parents : « L'Inspection académique va trouver une solution pour que la scolarité ne soit pas interrompue. »

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Pour le boulanger : «400 euros de perte par jour»

Publié le mercredi 10 novembre 2010 à 10H43

Le boulanger et sa femme tourneront en service réduit.

Le boulanger du village est bien embêté. « On a réfléchi avec ma femme. On va devoir fermer. Je vais livrer mes dépôts de pain à Eppes, Festieux, Veslud, Laon mais on ne pourra pas satisfaire les tournées dans les villages ni ouvrir la boutique de Coucy-lès-Eppes. »
L'annonce officielle de la découverte de 30 tonnes d'obus n'a pas surpris la femme du boulanger, Marlène Hemmery : « Je le savais depuis un bout de temps. Quelques habitants, au courant, me l'avaient dit. Je n'ai rien dit, je ne voulais pas créer un mouvement de panique. C'est vrai que 30 tonnes, c'est énorme, même pour notre région ! Depuis ce mardi matin, les clients nous demandent pourquoi on n'ouvrira pas, mais avant 7 heures et après 16 h 30, c'est trop juste. Le pire, c'est pour les personnes âgées. »
Le couple a fait ses comptes, il devrait perdre environ 400 Euro par jour. « Va-t-on être indemnisé ? » se demande-il.
« Pour l'heure, on ne se prononce pas. On remontera les données au ministère. Nous sommes en train d'affiner le dispositif », indique simplement la sous-préfète, Myriam Garcia.

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Une plaquette d'information aux habitants

Courrier Picard

Vendredi 19 Novembre 2010, mis à jour à 17h08

Une plaquette d'information aux habitants pour l'évacuation de 1600 obus.

Une opération d'évacuation d'obus sera menée dans la commune de Coucy-les-Eppes, un village à l'Est de Laon, du lundi 22 novembre au vendredi 26 novembre 2010.
La municipalité et la préfecture ont mis en place un dispositif pour sécuriser le secteur. La vie du village va être sérieusement chamboulée.
Transports, services publics, circulation, tout est prévu pour l'évacuation de 30 tonnes d'obus. Les consignes sont rassemblées dans une plaquette distribuée aux habitants..
Un jardinier à découvert les explosifs en septembre dans son jardin. Plus de 1600 obus en tout

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Les habitants plutôt sereins avant le déminage de Coucy

Publié le samedi 20 novembre 2010 à 11H00

Patrick Delamotte, gérant du bar-tabac du Paradis à Coucy-lès-Eppes, espère que son assurance prendra en charge la perte de chiffre d'affaires liée à l'évacuation du village pendant le déminage.

COUCY-LÈS-EPPES (Aisne). Une grande partie du village de Coucy-lès-Eppes devra être évacuée le temps d'enlever les obus découverts fin septembre. Les habitants ne semblent pas inquiets.

DU 22 AU 26 NOVEMBRE, les autorités vont évacuer les 30 tonnes d'obus datant de la Première Guerre mondiale qui avaient été découvertes fin septembre à Coucy-lès-Eppes.
Un périmètre de sécurité a été délimité, ceux dont le logement est inclus dans ce périmètre devront l'évacuer à l'occasion du déminage et du transfert des obus qui doit avoir lieu la semaine prochaine.

Quelques « cas plus compliqués »

Pourtant cette opération ne semble pas trop inquiéter les habitants. « L'essentiel de la population est serein », déclare le maire Joël Cabon. « Certains habitants ont quelques inquiétudes de devoir laisser leur maison entre 7 h 30 et 16 h 30 mais la gendarmerie fera ce qu'il faut pour assurer la sécurité des habitations. Les cas les plus compliqués ce sont les personnes âgées et les malades qui devront être hébergés ailleurs. »
Gérant du bar-tabac du Paradis au centre du village, Patrick Delamotte ne voit plus beaucoup de clients depuis 15 jours.
Aux perturbations liées à l'évacuation du village s'est ajoutée la déviation de la circulation entraînée par les travaux sur le passage à niveau depuis deux semaines. « Je ne sais pas encore si l'assurance va prendre en charge la perte de chiffre d'affaires liée notamment à l'évacuation du village pendant le déminage. Je vais devoir calculer ça avec le comptable. Malgré tout ça je reste ouvert, pour montrer aux clients qu'ils peuvent venir. Mais j'ai appris que ça fait deux mois qu'ils savent qu'il y a ce stock d'obus, ils auraient du les évacuer tout de suite ! » déclare t-il.
« 7 h 30, ça fait tôt pour évacuer étant donné que je ne commence à travailler qu'à 9 heures », déclare de son côté Cindy. « C'est une semaine de galère qui se prépare », complète Nathalie.

Une question d'organisation

« On prend ça du bon côté, ajoute Gérard. Cette opération ne me gène pas, c'est une question d'organisation. Mais ce qui serait embêtant c'est qu'il y ait des obus chimiques dans le tas. Et puis des obus, on n'a peut-être pas fini d'en découvrir par ici ! L'important c'est d'être bien informé. Au départ je croyais que mon habitation était incluse dans le périmètre de sécurité et finalement ce n'est pas le cas. » « Je ne suis pas inquiet. Mon père, qui est âgé, est pris en charge par la préfecture. Moi j'ai du travail dans les champs et le midi j'irai au restaurant ! poursuit Pascal Destrez, agriculteur. Et puis ceux qui interviennent sur les obus sont des professionnels. Et peut-être que cette opération ne va pas durer toute la semaine ! »
Une idée reprise par Jacques, ouvrier communal : « Par sécurité, les autorités ont prévu une semaine pour le déminage mais peut-être qu'ils vont évacuer les obus plus vite qu'on ne le pense. Le plus gênant pour la population sera sûrement lundi quand il faudra évacuer tout le monde le premier jour. »

Cyril VIDEAU

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Facture très salée pour l'opération d'évacuation des 30 tonnes d'obus

Publié le samedi 20 novembre 2010 à 11H00

COUCY-LÈS-EPPES (Aisne). Il a dû mal à avaler la pilule, le maire de Coucy. La commune doit débourser près de 10 000 euros. Une paille certes face au 200 000 euros que l'État engage dans le dispositif. Le Préfet propose des solutions.

«AU bas mot, la semaine va coûter à l'État 200 000 euros. » Le préfet de l'Aisne, Pierre Bayle, qui indique que le coût définitif n'a pas encore été arrêté, explique que, pendant cinq jours, 26 démineurs vont être réquisitionnés sur le site, ainsi qu'environ 200 gendarmes afin d'assurer la bonne étanchéité du dispositif de sécurité. « Ensuite, il faut aussi compter l'évacuation des obus vers les camps de Suippes et Sissonne en vue de leur destruction immédiate. »
Depuis quinze jours, le maire, Joël Cabon et les membres de son conseil municipal sont en constante relation avec le personnel de la préfecture afin de régler tous les problèmes inhérents à l'opération d'évacuation des 30 tonnes d'obus. Hier, vers 15 heures, une plaquette d'information à destination des habitants de Coucy-lès-Eppes était en cours de distribution dans le village. Elle recense les différentes questions que les habitants, priés d'évacuer, pourraient se poser. Mon courrier va-t-il être distribué ? Les transports (bus, train) sont-ils perturbés ? Est-ce que la nourriture est prise en charge les midis ?
Au sujet de cette plaquette, Joël Cabon est le premier à le reconnaître. « Elle a été très bien conçue. La préfecture a pensé à tout. Le seul souci, c'est le financement que doit assurer la commune. Au bas mot, on en a pour 10 000 euros. Les navettes de bus de la commune à Sissonne, pour les résidants qui n'ont pas de moyens de locomotion, les repas du midi, l'hébergement des personnes lourdement handicapées dans un centre adapté pur toute la semaine... Pour une petite commune comme la nôtre, cette somme est importante. C'est autant de travaux que l'on avait prévus l'an prochain et qu'on ne pourra pas faire. »

Un appel aux élus

Le maire, loin d'être résigné, cherche plutôt des moyens de financement. « En 2001, à Vimy, lors de l'évacuation des 12 500 habitants, la commune n'avait pas déboursé un centime au nom de la solidarité nationale. Neuf ans plus tard, les conditions ont évolué, les maires doivent participer maintenant. Nous sommes dans un département qui a été fortement touché par les deux guerres mondiales et on sait très bien que d'autres obus vont encore être découverts dans l'Aisne, au cours des prochaines années. Je lance un appel aux sénateurs et députés du département pour qu'ils viennent en aide à la commune. »
Le préfet de l'Aisne, Pierre Bayle, ayant eu connaissance de la situation, s'est rendu mercredi à Coucy-lès-Eppes, où il s'est entretenu longuement avec le maire : « Je comprends bien que cette somme à débourser n'était évidemment pas prévue par la commune. Ces dépenses sont pourtant à la charge de la mairie, selon le code général des collectivités. Cependant, le maire peut faire appel au conseil général au titre de l'aide d'urgence. Il y a aussi la réserve parlementaire. Autant de solutions possibles pour obtenir une aide de financement. »

Aurélie BEAUSSART

Revue de détails des dispositifs et derniers préparatifs dans notre prochaine édition.

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J-1 avant l'évacuation des explosifs : revue de détails du dispositif

Publié le dimanche 21 novembre 2010 à 10H40

Tout habitant logeant dans un périmètre de 530 m autour du site doit quitter la zone.

COUCY-LÈS-EPPES (Aisne). Demain, quoi qu'ils aient prévu pour leur journée, qu'ils aient 10, 30, 60 ans ou plus, ils devront avoir quitté les lieux à 7 h 30. Coucy, ville morte, accueillera ensuite les démineurs chargés de la débarrasser de ce dépôt de munitions datant de 1915.

COUCY-LÈS-EPPES, 650 habitants, va vivre au ralenti durant 5 jours. Du lundi 22 au vendredi 26 novembre, 469 Coucycois sont priés d'aller voir ailleurs entre 7 h 30 et 16 h 30. Le temps, que les 26 démineurs se chargent d'évacuer les 30 tonnes d'explosifs découverts fin septembre sur le chantier d'une maison en construction, situé non loin de l'école du village.

Sissonne pour passer le temps...

Depuis 15 jours, préfecture et mairie travaillent sur le dispositif. Une plaquette d'information à destination des habitants concernés ou non par la mise en place du périmètre de sécurité a été distribuée, dès vendredi après-midi (lire par ailleurs).
C'est aussi depuis vendredi que gendarmes et démineurs se relayent pour occuper 24h/24 le site où les 1 652 obus, posés à la verticale, tête en direction du ciel, attendent qu'on vienne les déloger après 95 ans d'inertie.
Les habitants de Coucy dont le domicile se trouve dans les 530 mètres du périmètre de sécurité et qui n'ont aucun moyen de locomotion vont être pris en charge par la mairie. « Un accueil de jour est prévu de 7 h 30 à 16 h 30. Un bus les conduira au centre culturel de Sissonne », explique Joël Cabon, maire de Coucy-lès-Eppes. Le bus sera stationné dès 7 heures, place de Saint-Vallier. « Pierre-Marie Lebée nous a mis une belle structure à notre disposition, et gratuitement. » Pour ces personnes et uniquement celles accueillies au centre culturel de Sissonne, un repas est prévu.
Ensuite ? Et bien pour tous, il va falloir prendre son mal en patience. Dès 16 h 30, le périmètre sera levé. Le même dispositif va se répéter jusqu'à vendredi soir, à moins que le travail d'évacuation et de destruction des obus avance plus vite que prévu : « Pour les enfants, en tout cas, le dispositif spécial sera maintenu », prévient déjà le maire. Les autorités s'attendaient, depuis l'annonce officielle de la découverte de ce dépôt de munitions allemandes datant de la Première Guerre mondiale, il y a quinze jours, à la visite gênante et dangereuse de collectionneurs, prêts à tout pour se procurer un exemplaire d'un des différents types d'obus du site.
Mais finalement, « pas de collectionneurs ni de curieux pour visiter la commune », assure le maire.

Aurélie BEAUSSART

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Tout ce qu'il faut savoir

Publié le dimanche 21 novembre 2010 à 10H40

Plan de déplacement dans la commune

La circulation dans le périmètre de sécurité autour du dépôt d'obus est interdite du lundi au vendredi, de 7 h 30 à 16 h 30. Les habitants dont le domicile est situé dans le périmètre de sécurité devront donc quitter leur domicile avant 7 h 30.
La gendarmerie a déterminé trois points d'accès dans ce périmètre. Chaque habitant sera informé de l'axe qu'il devra emprunter impérativement pour quitter et revenir sur la commune. Ce découpage a été réalisé pour assurer la sécurité des lieux et la sécurisation des domiciles.

Services publics

Les ordures ménagères : un ramassage aura lieu jeudi aux horaires habituels pour le périmètre hors sécurité et après 16 h 30 dans le périmètre de sécurité.
La distribution du courrier : du lundi au jeudi : Pour le courrier ordinaire, les habitants ayant leur domicile dans les rues évacuées disposeront de leur courrier à l'agence postale de Coucy de 17 à 20 heures.
Pour le courrier recommandé ou les colis, la liste des destinataires sera affichée à l'agence postale de Coucy et les plis seront à retirer à l'agence de postale d'Athies-sous-Laon. (8 h 30-11h30, 13h30-17heures).
Le vendredi, il n'y aura pas de distribution de courrier pour permettre à celui-ci de réintégrer le circuit de distribution habituel. Pour les personnes ne pouvant aller retirer leur courrier ordinaire, recommandé ou colis, il sera remis dans le circuit de distribution dès le samedi.
Pour les habitants en dehors du périmètre de sécurité, la Poste passera normalement.
Le secrétariat de mairie sera ouvert de 17 à 20 heures durant toute la durée de l'opération.
Le syndicat des eaux sera fermé durant toute la durée de l'opération.

Transports

Train : la circulation des trains sera supprimée. Des bus de substitution seront mis en place par la SNCF et desserviront Coucy-lès-Eppes à l'arrêt dit « gare » (intersection avenue de la gare et de la rue du tour du parc).
Les horaires des bus seront identiques aux horaires habituels des trains.
Les transports départementaux (bus RTA) : la commune sera desservie à l'arrêt dit gare. Tous les arrêts situés dans le périmètre de sécurité sont supprimés.

Pour les élèves scolarisés

Ecoliers : Les trois classes de l'école de la Rouillée sont transférées durant toute la semaine au collège de Sissonne. Un bus est mis à disposition pour transporter les enfants et les enseignants. Ce bus sera stationné chaque matin à partir de 7 heures (départ 7 h 30) hors du périmètre de sécurité place de Saint-Vallier. Le bus déposera les enfants le soir vers 16 h 45 place de Saint-Vallier.
Collégiens : Pour ceux qui sont scolarisés au collège de Sissonne et empruntant le transport scolaire, le matin, l'arrêt au centre-ville est supprimé.
Seul l'arrêt dit « gare » est maintenu. Horaire de départ : 7h57. Pour le soir, le bus déposera les collégiens aux horaires et lieux habituels.

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Mise en page : P.H.



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