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Le camp militaire de « Sissonne »

Jeoffrécourt

La ferme en 1900

HISTORIQUE.

C'est à Jeoffrécourt que l'on peut remonter le plus loin dans l'histoire écrite du Camp. Période romaine : Les fermes se trouvent sur une voie romaine secondaire allant de Nizy-le-Comte à Berrieux, passant par le camp de Saint-Thomas.

VI-VIIème siècle

Une nécropole mérovingienne est implantée à environ 200 mètres des fermes de Jeoffrécourt.

VIIe - IXème siècle

Toujours à 200 mètres au sud des fermes, présence d'une nécropole médiévale et de traces d'habitations.

XIIème siècle

Au début du XIIème siècle, c'est une agglomération dotée d'une église.

1120 - 1145

La conquête des bois et des friches entraine une période de développement qui coïncide avec l'implantation de la grange cistercienne de Jeoffrécourt..

1141

La propriété est donnée par l'Evêque de Laon, Barthélémy de Jur, à l'abbaye cistercienne de Vauclair. C'est à l'époque un domaine de quatre charrues de terre, soit environ cent cinquante hectares.

1192

Le territoire est d'abord mis en valeur par les frères de l'abbaye de Vauclair.

1701

date des plus anciens baux, qui indiquent que Jeoffrécourt est divisé en trois fermes louées à trois laboureurs.

1727

Par manque d'enthousiasme des religieux et l'éloignement du domaines, les terres durent être abandonnés à des fermiers. Il n'était pas possible de trouver un cultivateur qui eut les moyens de cultiver les 1262 arpents (643 hectares) de Jeoffrécourt. Des fermes indépendantes, séparées les unes des autres, permirent d'en confier l'exploitation à quatre, puis à trois laboureurs. Les premiers que l'on connaisse, Nicolas MAHIEU, Jean GODALLIER, Charles HERBIN et Marie FOSSE, Antoine DESPREZ et Madeleine FOSSIER, offrirent chacun, en 1727, un fermage de 420 quartels de grains, deux tiers en seigle et un tiers en avoine.

1740

400 quartels de grains en 1740, et en outre 6 livres de cire, une paire de chapons, un cent de gerbées de seigle et deux quartels de seigle aux gardes de l'abbaye.

1746

MAHIEU et DESPREZ promirent 350 quartels chacun en 1746, pour un quart.

1755

DESPREZ et André GODALLIER, marié à Nicolle VINCELET, 450 livres pour deux tiers, en 1755.

1755 à 1758

La carte de Cassini mentionne deux appellations «Joffrecour» et «Geoffroicourt».

1776

Pierre Romagny et Catherine Donget, Jean-Baptiste Romagny et Marguerite Fossé, Louis Desprez prennent chacun un tiers.

1789

On recense trois fermiers, Jean-Baptiste ROMAGNY (LAPY en 1791), Jean GACOIN et Noël COURTIN, pour un bail de neuf ans.

1790

La ferme de Geoffrécourt qui est de La Malmaison pour le spirituel et de Sissonne pour les impositions et la justice, est occupée par trois fermiers qui ont chacun leur demeure, bâtiments et jardin séparément ...
Ils jouissent de 1150 arpents de mauvaises terres traversées par une multitude de chemins très fréquentés par les troupeaux de boeufs et de moutons. A cette époque l'ensemble des fermes est estimé à 23.250 livres.

18 MAI 1791

A la révolution, l'ensemble de Jeoffrécourt est vendu comme bien national, à La Malmaison, les trois fermes sont vendues en deux lots de 766 et 383 arpents. Les 2/3 des terres, soit 766 arpents sont vendus 20.200 livres à un groupe de 16 personnes comprenant les trois fermiers, Jacques VARLET, Bourgeois à Sissonne, Marc-Antoine FROMENT aubergiste et laboureur à Sissonne, Charles FOSSIER laboureur à Rémicourt (commune d'Amifontaine), Jean-Nicolas PAILLART laboureur à Boncourt, Jean-Baptiste FOSSÉ laboureur à La Malmaison, Nicolas FOSSE et Jean-François LAPLANTE laboureur à Magnivillers, Jean-Louis BOSSARD laboureur à Boncourt, Jean-Pierre POTTIER laboureur à Le Thour (08-Ardennes), Gérard COURTIN ancien laboureur à La Selve, Nicolas COURTIN laboureur à La Selve, Jean-Louis LEFEVRE laboureur à Robertchamp (commune de La Malmaison). Le 1/3 des terres, soit 383 arpents ainsi que les bâtiments sont vendus 20.600 livres à Louis TOULOUSE. Les fermes de Jeoffrécourt, suite à la délimitation des nouvelles communes, se trouvent sur le territoire de Sissonne.

27 DECEMBRE 1813

Naissance de Poncette Juliette LAPIE à Jeoffrécourt.

30 MARS 1839

Naissance de Victor Constantin DONGE à Jeoffrécourt.

31 MAI 1836

Naissance de Théodore DONGE à Jeoffrécourt.

1859

A cette époque, vivent vingt-neuf personnes aux fermes de Jeoffrécourt.

17 SEPTEMBRE 1870

Poncette Juliette LAPIE décède à Jeoffrécourt.

08 AVRIL 1874

Etienne François Théodore DONGE décède à Jeoffrécourt.

Vers 1908

Cette maison est la propriété du baron DONCOEUR et nous n'avons pas de renseignements sur sa construction. Le Génie estime que l'ensemble des fermes pourrait fournir « de bons cantonnements pour deux cent quatre vingt dix hommes et trois cent trente chevaux». Cela donne une idée de leur importance. Un rapport du Génie précise que la ferme de Jeoffrécourt est construite en bons moellons. On peut évaluer les fermes à huit cent mètres cubes de bons moellons non gélifs et cinquante mètres cube de pierre dure

27 FEVRIER 1908

Le terroir de Jeoffrécourt est exproprié pour l'agrandissement du camp militaire de Sissonne : six hectares et vingt six centiares de propriétés bâties et cent quarante huit hectares de terres et trente sept centiares.

27 JUIN 1908

Un rapport du Génie précise qu'il y a trois corps de fermes, une grange isolée et le « Château ».

16 JUILLET 1908

Les fermes ne sont pas utilisées comme cantonnements. Il est donc envisagé la récupération des matériaux provenant de la démolition des bâtiments, mais la démarche reste compliquée. Ces réemplois de pierre sont faits lors de travaux par main-d'oeuvre militaire, pour des travaux de moindres importances.

28 AOUT 1908

Les derniers habitants du château de Jeoffrécourt ont à leur tour évacué les bâtiments. Gardiennage indispensable.

29 MAI 1910

Référence AD02, journal les Tablettes de l'Aisne. La réception de Jeoffrécourt. La «réception» de la promotion de Jeoffrécourt a eu lieu hier soir à 21 H 30 à l'Hôtel Terminus de Sissonne. Après une allocution du Président, le lieutenant COLLEAU du 245e, qui félicita les membres de la promotion de leur entrain, de leur endurance, de leur solidarité, le champagne coula et l'on trinqua au 245e, au 45e son aîné, ainsi qu'aux camarades de l'active dont l'accueil fut toujours si aimable. Puis une soirée à laquelle des artistes de Paris avaient été conviés, a commencé artistique et des plus réussies. Au cours de cette soirée, les officiers nouvelles recrues de la promotion, ont reçu le baptême de Jeoffrécourt. On sait que d'après les statuts de la réunion, les recrues doivent à chaque période se rendre à la ferme de Jeoffrécourt avec la promotion y boire, face au puits, un quart de l'eau du puits, après avoir fait serment de fidélité à la promotion, serment fait, tandis que les aînés chantent le refrain et battent le refrain de Jeoffrécourt.

Le 245e ayant été à Jeoffrécourt jeudi à l'aube et l'emploi du temps ne le permettant pas, le bureau de la promotion a décidé que le baptême aurait lieu cette année par exception à Sissonne. Et ce fut la cérémonie d'hier, qui a resserré plus encore, si cela est possible, les liens qui unissent les lieutenants du 245e, membres de Jeoffrécourt, Après la soirée un souper a été servi par les soins de Madame CROSNIER, l'aimable propriétaire de l'hôtel Terminus. 33 lieutenants du 245e et 45e y assistaient.

01 AOUT 1911

L'artillerie lourde demande l'autorisation d'effectuer un tir réel sur les bâtiments des fermes de Jeoffrécourt. Le Chef du Génie précise que les bâtiments de Jeoffrécourt ne sont d'aucune utilité au point de vue au casernement. Leur utilisation pour le cantonnement des troupes a été étudiée mais la somme demandée pour cette utilisation ayant été jugée trop élevée on y a renoncé.

La réponse est qu'il ne semble pas qu'il y ait d'inconvénient à ce que l'on exécute des tirs d'Artillerie sur les bâtiments de Jeoffrécourt.

1914 – 1918

La ferme de Jeoffrécourt est démolie en partie au cours de la guerre 1914 - 1918

13 OCTOBRE 1930

La ferme est mentionnée comme ruinée. Plus aucunes mentions de bâtiments à l'emplacement des fermes.

Jeoffrécourt, Ferme ruinée

LE BARON DONCOEUR, DERNIER PROPRIETAIRE.

1249

Saint Louis entreprend la 7e croisade de 1248 à 1252. Il prend la ville de Damiette, située sur une branche orientale du Nil. Le premier qui entre dans Damiette est ENGUERRAND, Seigneur de DOMQUEUR. En reconnaissance, Saint-Louis l'autorise à ajouter DAMIETTE à DOMQUEUR.

Le blason des DONCOEUR, en Picardie :d'or au chevron de gueules.DONCOEUR - DAMIETTE
Le baron Armand Jean Marie DONCOEUR, en tenue d'apparat de Camérier du Pape.
Né le 30 janvier 1846 à Charleville, où son père est juge d'instruction au Tribunal Civil.

Décembre 1869
Licence en droit.
Elève de l'école des Chartres avec titre d'Archiviste Paléographe.
2 années d'études spéciales à Saint-Sulpice (Séminaire).
Avocat au barreau de Paris.

01 mars 1873
Chef du Cabinet du Préfet des Ardennes.

06 janvier 1874
Conseiller de Préfecture des Hautes Pyrénées.

1875
Finance le rachat de l'Abbaye d'Ygny (51-Marne) avec d'autres donateurs, par les Pères Cisterciens. 24 mai 1877
Sous-préfet de Nogent-le-Rotrou.

27 juin 1879
Investi dotataire de l'Empire.

31 janvier 1880 à ... 1904
Camérier de Sa Sainteté Léon XIII.

14/03/1886
Naissance de Jemy Josèphe Constance Déodata Damiette DONQUEUR à Jeoffrécourt (Témoin Joseph Laisné)

26 MARS 1890
Naissance de Laurent Etienne Damiette DONCOEUR à Jeoffrécourt , décédé le 3 mai 1956 à Soissons.

28 AOÛT 1892
Naissance de Robert Ignace Augustin Damiette (Témoin Paul Abel Callay)

28 novembre 1904

Armand DONCOEURChambellan intime de Sa Sainteté(Collection de la famille DONCOEUR.)
M. Armand Jean Marie DONCOEUR décède à Jeoffrécourt.


Laurent, Nelly et Robert DONCOEUR 3 des 5 enfants du baron, camérier du Pape. Tous trois nés à Jeoffrécourt.


Le domaine vers 1900 (Photos collection DONCOEUR)


Le Salon. Légèrement à gauche, sur un chevalet,le portrait de M. Armand Jean Marie DONCOEUR



ARCHEOLOGIE A JEOFFRECOURT.

1869

Le site archéologique de Jeoffrécourt (lieu-dit "La Terre à Luziaux") est mentionné dans le Bulletin de la fédération des sociétés savantes de l'Aisne qui publie : un « cercueil de pierre de forme rectangulaire … Le sol environnant est couvert de fragments de pierre et d'ossements ... Les gens assurent que, depuis 25 ans environ, des débris analogues sont journellement mis à découvert par la charrue ».

1960

La mise au jour d'ossements humains lors d'une manoeuvre entraîne une fouille archéologique amenant la découverte de six sarcophages et de quelques sépultures en pleine terre de l'époque mérovingienne.

1985

Une autorisation de fouille est délivrée à l'AREHARS, association archéologique de Sissonne, afin de sauver les vestiges, le site étant très arasé.

JANVIER 2004

Visite à Sissonne de M. Alain DUVAL, conservateur général du patrimoine, chargé par la Direction des musées de France et la Direction de l'architecture et du patrimoine d'une mission sur l'étude de la situation et du statut des collections archéologiques de Jeoffrécourt …

Extrait. « A contrario les contraintes et la politique du musée municipal de Laon ont généré des pratiques « conservatoires » dans des dépôts associatifs. En effet le musée ne pouvant accueillir la totalité des mobiliers recueillis dans des nécropoles mérovingiennes, et proposant donc de dissocier des ensembles d'objets dans les tombes mêmes, les responsables du dépôt de Sissonne (Aisne) (dépôt associatif ; collections propriété de l'Etat) ont donc décidé d'une politique de stockage, de restauration et de gestion que bien des musées pourraient envier»…

Le plan des fouilles

Le site de Jeoffrécourt (commune de Sissonne, Aisne), fouillé par une équipe réunie autour de Jean-François MARTIN, Michel et Annette CHARPENTIER et Richard BRIOLS entre 1985 et 2002, a livré un ensemble de près de 500 sépultures, associé à de nombreuses structures à vocation domestique constituées de cabanes excavées, de bâtiments sur poteaux et de structures d'ensilage, datés du milieu du VIe siècle à la fin du IXe siècle.
Au sein de cet ensemble, certaines structures, telles que des fosses aux parois maçonnées, sont par ailleurs rares dans le paysage de l'archéologie du haut Moyen âge. Le mobilier archéologique recueilli - mobilier métallique, céramique, osseux ou lithique - issu à la fois des tombes et des structures domestiques, complète le tableau de la culture matérielle sur l'ensemble de la période.

Par ailleurs, le développement de la zone funéraire semble conditionné, au nord-ouest, par une zone dépourvue de sépultures et occupée d'une série de bâtiments orientés est-ouest. Il pourrait s'agir d'une unité ecclésiastique. L'étude du site permet en effet de poser la question de la naissance de la « paroisse », à travers le rapprochement des vivants et des morts et l'émergence de bâtiments spécifiques, liés à la gestion du cimetière et des vivants qui lui sont rattachés. Il fait ainsi écho à la législation des VIIIe-IXe siècles précisant les modalités de l'organisation du réseau paroissial et de la prise en charge des fidèles par l'église.

Voir aussi la page "Jeoffrecourt" dans la rubrique "Monuments et sites"

 

DERNIERS SOUVENIRS DE JEOFFRECOURT.

La cloche de Jeoffrécourt.

La cloche provenant de Jeoffrécourt porte la mention « J'AI ETE MONTEE LE 10 1 1876 ». Elle pèse 50 kg et son diamètre maximum est de 35 cm. Elle a été déposée au départ de la famille DONCOEUR de Jeoffrécourt et séjourna longtemps chez le propriétaire. Aujourd'hui elle a été donnée à une congrégation située dans le département du Nord.

Il y avait aussi un Christ sur une croix de bois (1,60m x 0,60m) qui a été aussi remis à cette congrégation.
Informations reçues le 15 mai 2012, de l'actuel Baron DONCOEUR.)

2000

Visite sur le site des fermes. Il ne reste pour seul vestige apparent qu'un abreuvoir en pierre. La végétation garde encore des traces de l'intervention humaine, notamment par la présence d'arbres fruitiers.

20 MAI 2012

Abreuvoir en pierre, de 2,50m x 1,40m x 0,60m de hauteur avec une profondeur intérieure d'environ 0,30 m, provenant des fermes de Jeoffrécourt et actuellement réinstallé en face du PC, au Camp d'Orléans.

Abreuvoir pour animaux.

Les fermes dans le camp :

- Buchancourt
- Jeoffrécourt
- Le Buisson
- Macquigny
- Solféricourt

Recherches : JF MARTIN - M BERRIOT

Mise en page : PH

Les cartes postales du camp

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© Site du Club Informatique Ademir. Dernière modification le 12/12/2015 à 16:17